Dimanche 12 décembre 2010 à 22:05






"On fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie."
"Parfois, il faut se forcer."

Je comprends pas tout ça. Et j'ai peur. On dirait que personne ne me comprend.
Si je ne suis pas comme les autres, cela veut dire que j'ai tort ? Apparemment.
J'ai pas envie de me forcer avec les gens avec qui je n'ai pas envie d'être. A qui je n'ai rien à dire. Leur vie ne m'interesse même pas. Si c'est pour savoir ce qu'ils ont bu ce week end, ou connaitre les détails techniques de la dernière moto qu'ils ont acheté. Mon dieu. Leur vie me fait de la peine. Bien sûr on pourrait en dire de la mienne. La mienne est juste inexistante. Je n'ai rien à raconter. Je n'ai pas envie de leur raconter. Ils me parlent de matériel, je leur parlerai de sensations, de la beauté des choses, etc. Et je croiserai leurs regards vide de toute magie.

Est ce que je dois y aller ? Pourquoi se forcer ? Pourquoi se faire accepter ? Pourquoi ce ne serait pas à eux de faire l'effort de comprendre mes choix ? Pourquoi c'est à moi de me plier aux règles ? Pourquoi c'est toujours moi le sauvage et eux les bien pensants ? Qui a juste, qui a faux ? Le pire c'est que je dois vraiment être bête, parce que je pense être dans le vrai. Et tout le monde dit  ou pense le contraire.

C'est chiant que tu sois partie comme ça "princesse".

Tout à l'heure ils faisaient la promo du film "Les émotifs anonymes". J'ai cru qu'ils parlaient de moi. C'est la merdasse. Je savais même pas que ça existait. Les prochaines lignes qui vont suivre sont fausses, c'est juste que j'ai besoin de les écrire. Je suis solide et je pleure. Je suis allé courir et avec le froid, mes yeux pleuraient. Les gens me regardaient, tous, droit dans les yeux. Et moi je regardais devant. Toujours. Comme si j'allais chercher à attraper quelque chose. Une vérité. Ou combattre le passé. Les gens passaient, les gens tournaient, s'embrassaient ou riaient. Moi je courrais, j'avais froid et je pleurais. Je me sentais moche, je me sentais nul, je me sentais minable parmi les minables, noyé dans une vie on ne peut plus minable. Mon ventre tremblait sous les plis de ma vie. On me demande de me forcer à ci, à ça. Je suis là, terrifié. Complètement petit au milieu de gens qui imposent leurs lois. Ils sont là, ils m'entourent et il pleut. Je ne peux pas sortir, je ne peux pas m'enfuir. Je dois les écouter, soumis, le ventre noué. Je dois obéir, je veux partir. Le souffle se saccade et le coeur n'en fait qu'à sa tête. Je ne respire plus. Je me vois mourir devant eux et je les entends qui continuent de parler, tous ensemble, dans un brouhaha incessant. Personne ne dit rien, personne ne fait rien. Jusqu'à ce que je jette les armes, que je me laisse mourir, sans avoir pu comprendre en quoi consistait ma vie.

Puis merde, j'ai pas à me justifier.
Et j'en ai marre des parties de cache cache entre fantômes.


Hé, j'ai un problème avec les choses que je trouve excessivement belles, j'arrive pas à les toucher.




Vendredi 24 décembre 2010 à 22:58




On nous enseigne très jeune la honte du corps libre.


Il y a des gens qui trouvent ça dégueulasse. Alors nous sommes tous dégueulasse. Nous avons tous un sexe, des fesses, comme nous avons des bras, des mains. Notre corps est la vérité, c'est Nous, sans costume, sans masque, sans artifice. On est comme l'on est et comme l'on nait.

Je pense que les premières fois ne sont pas forcément les plus faciles, que c'est normal. Car nous ne sommes pas habitués. Le naturisme ce n'est pas une mode, ce n'est pas quelque chose de physique si ce n'est le fait de quitter ses vêtements. Je pense que les gens qui ne comprennent pas, sont les gens qui ne regardent que ce côté là, le physique. Regarder des seins, petits ou gros, des fesses, fermes ou non, un sexe, rasé pas rasé, petit ou non, et j'en passe. L'idée qu'ils en ont, ce sont des vieux matteurs pervers qui restent au font de la plage et se tripatouillent devant les jeunes femmes. Alors oui, soit disant que ça arrive. Il y a des dérangés partout. Nous sommes pas chez les Bisounours. Et il ne faut pas croire qu'il y en a à chaque plage, c'est complètement faux.


Je suppose que les gens associent nudité à sexualité. Que les groupes de gens nus sont à leurs yeux échangistes, etc. parce qu'ils ont vu passer à la télé des reportages tournés au cap d'Agde, ou a la plage de l'Espiguette, avec ses zones "gay", "échangistes", "familles", "célibataires" et j'en passe.
Ces reportages qui font passer ces lieux pour du naturisme sont hors sujet. Et j'espère bien qu'ils le savent et que c'est volontaire pour créé la polémique, faire de l'audimat.
Certains imaginent également que les hommes sont sans cesse "excités". Encore une fois c'est loin d'être le cas. Bien au contraire. Il n'y a plus de notion de sexe, il n'y a que des corps. Les mêmes pour chacun. Hommes, femmes, la liberté d'être soi.


Il y a des handicapés naturistes. Des personnes qui se sentent bien dans leur corps grâce à cela. Ces personnes qui n'oseraient même pas se mettre en maillot sur une plage textile. Cette image là, je trouve ça beau. C'est exactement ça.

Parce que les nudistes ne se regardent pas entre eux. Nous sommes tous pareils, il n'y a rien à comparer. Petit grand gros, qu'est ce qu'on en a à faire. Nous sommes des humains. Se montrer tel que l'on est, c'est accepter son corps.
Certains ne l'acceptent pas. Mais ça s'apprend. Combien se sentent bien dans leur peau suite à l'expérience naturiste? On peut se détester, se dévêtir, faire l'effort de se prendre en photo et constater qu'au final, nous ne sommes qu'un corps, parmi les milliards d'autres. C'est quand même important d'être bien dans son corps.



C'est la réappropriation du corps. Mon corps m'appartient. Je suis qui je suis. C'est moi et j'ose être celui que je suis.

Un monde où quand il faut chaud on se déshabille, quand il fait froid on s'habille, quoi de plus normal.

L'éducation ne nous a pas enseigné cela comme quelque chose de naturel. On a souvent peur de déroger à la règle. De ne pas faire comme les autres. De ne pas assumer ces moments où l'on se sent mieux. Si ce n'est pas le cas vous pouvez toujours garder votre maillot de bain sous la douche par exemple. Vous avez le droit. On se déshabille, on se rhabille, machinalement, rapidement, sans même prendre le temps de se rendre compte que l'on est mieux sans rien.

Je doute que l'on puisse comprendre ces mots sans en avoir vécu l'expérience. On en a envie, ou on en a pas envie, c'est certain. Et je conçois évidemment que ça ne puisse pas plaire, pour je ne sais quelle raison. Pour les gens qui ont essayé, vous comprendrez que c'est un pas qui ne se fait jamais en arrière...


Le naturisme ce n'est pas juste se mettre nu, c'est un ensemble de valeurs qui sont liées au bien être, à la nature, à l'égalité entre les personnes, au respect de l'autre et de soi même.

Je regarde des blogs, des reportages, etc. sans trop comprendre pourquoi le phénomène d'être nu pose encore autant de problèmes. Puis je les vois, ces gens, sortir de l'eau et sécher au soleil, je les vois ramasser des coquillages le long de la mer, je les vois marcher, faire du vélo, jouer à la pétanque. Je les vois sereins, posés. Je comprends qu'ils sont simplement biens dans leur corps, qu'ils se fichent de ce que peuvent penser les autres. Peut être que tu ne comprends pas. Ce n'est rien. Rien qu'une question de Liberté.



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Je parle de cela car j'aime naviguer le long des frontières. Rien n'est là par hasard. Je suis le même que j'étais. Simplement plus assumé. Je sais trop bien combien il vaut mieux être vrai, être soi, entouré de gens qui nous correspondent, plutôt que de se forcer à se mélanger à la mélasse. Noyé dans un bouillon de mensonges. Les gens qui ne comprennent pas pourront toujours juger. Certains ne feront que ça de leur vie, pensants être les rois du monde. Quelle importance. J'attends l'été de pouvoir passer "la frontière". Je tiens à ma liberté. De corps et d'esprit.




Dimanche 9 janvier 2011 à 15:04






Je ne suis pas un anarchiste. Je n'ai aucunement l'envie de changer le monde. Je veux juste être bien dans le miens. Les gens bornés qui trimballent en boulets leurs interdits, je les laisse où ils sont. Je les fuis.
Je dois avoir un problème d'ouverture d'esprit. Tout est trop ouvert et le trou semble s'élargir chaque jour un peu plus.
Ou alors trop fermé. Parce qu'il y a des tonnes de choses que je ne comprends pas. Il y a de quoi se poser des questions. Je ne comprends pas pourquoi les gens se mettent des barrières, et pourquoi certains les renforcent et s'y renferment. Un besoin de sécurité peut-être. Ne rien dire de travers, mettre le clignotant et suivre la masse, gentiment, toujours. La volonté d'ajouter sa pierre à l'édifice de la société. Être bon serviteur.
Tu sais, de mon troisième étage, on ne surplombe pas grand chose. A part les bottes en cuir de la maman de G., et G. lui-même. On voit défiler des voitures au loin, sous une pluie régulière et profondément triste. Certains mettent leurs clignotants pour s'arrêter à la station essence et faire le plein. Un dimanche, comme ça, pour préparer la nouvelle semaine qui arrive. Collectionner des points et gagner un mug l'age de glace.

Mais pendant ce temps, j'imagine qu'I. et Flo. sont en train de "gouiner" comme elles se plaisent à dire. Ou alors elles sont accompagnées du Pénitent. Ou dernière option, elles sont parties à la boite échangiste de Tours. Tout est possible et c'est rien de le dire...
M. doit être en train de se faire fouetter par S., à moins qu'elle ne soit partie en forêt avec son amie à la recherche d'orties. Tout est possible et c'est rien de le dire...
Je peux imaginer beaucoup de choses sur la maman de G. mais je ne sais pas exactement ce qu'elle fait, donc je ne vais pas mentir.
M. est sans doute parti en forêt se mettre nu pour gagner quelques minutes de liberté. A moins qu'il ne prenne des photos. Tout est possible et c'est rien de le dire...
E. est avec son nouveau chéri elle passe sa journée au lit, à s'étourdir de sentiments, de battements de coeur et de vertiges. Peut-être l'a t-il aidé à choisir de nouveaux jouer. Tout est possible.
Et là est le problème. Tu n'as rien vu? Mais si regarde, j'ai tenté un "gouiner" et rien d'autre. Ce n'est que la surface et déjà c'est trop. Elles sont adeptes sodomite et relations bi-égarées. I. avale, et Flo. veut aller sucer des étrangers. M. vit nue chez sa mère et ne se cache pas pour se donner du plaisir. Et je n'ai pas raconté le centième de ce qu'il s'y passe.  Parce qu'il s'en passe des choses. Un peu partout. Les vérités sont des mots crus qui choquent. Et toutes ces personnes n'en ont rien à faire de toi., de ce que tu peux penser. Chacun a le droit d'emprunter le chemin qu'il veut. Quand je lis I. et Flo, quand je parle à M. ou à E., ça me fait autant d'effets que d'aller acheter une baguette ou de rajouter de la bolognaise dans mes pâtes. Je ne comprends pas en quoi ça serait gênant de vivre sa courte vie à faire quelque chose que l'on aime, dont on a envie. C'est quand même la base non ? Qui prétend avoir la vérité ?

Il y en a qui mettent des mots de passe à leurs blog, c'est quand même étrange. Cet enfermement, la honte d'être soi. Je ne suis pas là pour donner des leçons, je fais parti du lot. Vous avez vu quelque part mon nom, mon prénom, adresse, téléphone et compagnie ? Bien sûr que non. Et je ne pourrai pas le dire ou l'écrire. Comme je ne pourrai pas dire que je suis M. Je n'ai pas l'envie de passer pour quelqu'un que je suis. Pas dans la norme.



Samedi 5 février 2011 à 19:48

 


 


Vous l'auriez vu débarquer, BB, dans le couloir.
Et plus tard son corps de déesse enroulé dans les draps.
Ses mouvements et ses pas lorsqu'elle dansait nue à côté du piano.
Elle avait cette innocence dans les yeux et des lèvres qui dévoraient la vie.

Gainsbourg, vie heroique. Ce film est une merveille.

Cet après midi, il y avait deux femmes.
Elles se sont assises à côté de moi, pendant que je regardais le fond de l'eau, les algues accrochés aux cailloux. J'imaginais que j'étais à la mer, et que je regardais les rochers. J'attendais de voir débarquer un crabe. Je me mettais à la place des poissons, et je m'imaginais naviguer dans cet univers. L'univers, c'est ce qu'il y a de chaque côté.
D'habitude j'attends, comme ça. Que les gens partent. Parce qu'ils partent. 
Mais aujourd'hui, c'est moi qui suis parti. Je me suis retourné, et elles avaient disparu. Alors qu'à cet endroit là, c'est juste impossible de disparaitre. A moins qu'elles se soient jeté dans le fleuve, pour mourir. Mais non, parce que trois autres femmes s'y étaient assises à la place. Elles auraient crié, ou appelé à l'aide, ou les secours. Mais là elles semblaient simplement discuter entre copines.
Il s'agissait de deux femmes, genre cadres dans une grande société, citadines de premier ordre. Très sérieuses. Ce qui laisse imaginer beaucoup de choses. J'ai d'abord pensé qu'elles étaient ensemble. Peut-être. Quoi qu'il en soit, je devais pas partir.

Ceux qui étaient ensemble, c'était les PD allongés dans l'herbe avec leur chien. Je prenais le soleil avec eux à coté. Désolé j'ai pas envie de m'étaler sur les justifications de ces deux lettres. Quinze degrés à l'ombre début février. Short tshirt. Ca fait du bien. Voilà cinq mois que je ne pense qu'à l'été qui arrive. Je serai libre de faire ce que je voudrai, quand je voudrai. Peut-être que c'est avec toi que j'aurai voulu être. Quelle importance ce que je peux bien vouloir. Les choses ne se passent pas forcément comme on le voudrait. Alors je ferai avec ce que j'aurai: Moi. Comme ça je pourrai passer les frontières avec mes pensées. Mes peurs. Démesure coutumière. Bouillonnement profond. Se rendre compte que l'on peut ressentir autant en faisant rien. En osant simplement être soi.
Les PD étaient un homme et une femme.

Puis ce couple d'une soixantaine d'années et venu s'assoir près de moi. Ils se sont embrassés. Il tenait sa compagne par le ventre. Ensemble ils regardaient les enfants jouer au loin, et souriaient. C'est sans doute pour cela que tu disait que j'ai le temps. Mais ce n'est pas de cela dont je parlais.

Passait ensuite cette fille un peu ronde, cheveux ébouriffés et bouclés. Elle avait les écouteurs sur les oreilles, et elle grimaçait, et jouait de la batterie. Comme un doigt en l'air adressé à la Honte. On s'est regardé. Et je m'en fichais. Je pensais simplement que je ne pourrai jamais. Je n'ai jamais tenté de chanter. Même seul, même loin, je ne pourrai pas. Peut-être que j'aimerai essayer. Mais l'éducation, le passé, la corde sensible me narguent tellement que ça me coupe l'envie. Pourquoi je me dis que c'est pas bien,  que je n'ai pas le droit, je ne le sais pas vraiment. Qu'y a t-il de mal à chanter.

Demain, j'irai au bout de la presque île. J'ai toujours voulu y aller. Ca doit faire un peu peur. On peut s'y retrouver. J'emmènerai ma musique et le soleil.
 
 
Les jours et les mois sont comptés.
A moins d'un miracle cet été, je ne me vois pas passer l'hiver.



Jeudi 10 février 2011 à 22:09




[...]
 


"C'est pas une chanson. C'est une musique."


Une pensée du soir. Je n'arrive pas à comprendre comment une femme peut-être aussi belle. Je pourrai toucher son visage, ses épaules, ses fesses ou ses pieds, je ne parviendrais pas à toucher la Beauté qui se dégage devant mes yeux. Comment est-ce possible ? Quelque chose d'aussi beau, qui n'existe que dans sa globalité, cette chose immatérielle que l'on ne peut toucher. Une émotion qui n'apparait que dans son ensemble. Sans équivalence, si ce n'est, là où l'on puise: Dans la Nature.


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Je vais partir. Je vais me perdre.

Loin de la société. Loin de Sarkozy. Loin de Royale. Loin de l'agressivité. Loin de la violence. Loin de la méchanceté. Loin des mensonges et du mal être. Loin, très loin. Partir loin, très loin, encore plus loin et se perdre toujours plus loin. Se perdre pour se retrouver.
Seul. Face à la nature. Là où la vie a commencée.

Ne plus pleurer pour le mal qui emprisonne, mais pleurer de se retrouver devant le spectacle, ce Grand spectacle où tout ce que l'on touche, ce que l'on respire, ce que l'on ressent Existe. Sucer la moëlle de la vie et se perdre dans une Vérité si grande, que je vais m'y évanouir; d'avoir perdu l'habitude, ou de n'avoir jamais vécu l'Instant.




Mercredi 6 avril 2011 à 20:17




Je suis tout et je ne suis rien.
Je suis comme vous, je suis unique.
Je suis la magie et le cauchemar
Une vie qui s'agite et fini dans le noir.

 


Je les regarde dans la rue qui s'exhibent ou qui s'inventent, pour vaincre leur peur de n'être rien d'autre qu'un corps de passage parmi tant d'autres.
Je les regarde qui rêvent de carrières aux milieu de ces tours grises et vitrées, noircies par la pollution. Qui se cherchent une voie, une vie, allez vient on suit la meute et on avise. On suit la meute, on se divise. On boit un verre, on improvise.
Je les regarde qui se voilent la face, qui se forcent à croire, à se persuader que. Qu'ils sont. Qu'ils ont. Mais ils ne sont rien de plus que des bonhommes manipulés par une société qui n'en fini plus de vomir le trop plein qu'on lui a donné à ingurgiter.
Je suis fatigué depuis bien longtemps, depuis si longtemps, complètement déphasé face à un 'spectacle' de plus en plus navrant.
Tu auras ton bac, tu apprendras le violon, et tu joueras au foot. Il y a toujours ces mêmes schémas qui se répètent. Et j'ai parfois trop espérer ressembler à tous ces autres. Avoir une famille, et suivre encore et toujours les mêmes lignes directrices. Pour la simple et bonne raison que cela rassure. Alors oui, j'espère de tout coeur avoir cette vie de merde, en total décalage avec la Réalité Mère. J'espère de tout coeur être un jour complètement abruti par la publicité, la télévision, le pc, et les supermarchés. Lorsque je ne verrai plus ce décalage, peut être alors me sentirai-je un peu moins nul. Je me sens nul par rapport à des gens qui n'ont rien de plus que moi. Nul dans cette société de gros con. Où il faut se battre chaque jour pour survivre et ne pas se laisser bouffer.


Ou partir.


Je suis de ces personnages danger, qui peuvent tout plaquer du jour au lendemain. Ces personnages qui restent dans le silence, jusqu'au jour où. Je suis celui qu'il ne faut pas cotoyer, avec qui il ne faut pas construire. Il ne faut pas m'attacher.  Il ne faut pas m'enfermer. Je vis bien au delà de ce corps, mes pensées pourraient s'échapper. Et je pars un peu plus chaque jour. Je me prépare. Lentement. Je vais partir. Ou peut-être qu'il fera noir trop vite. Quelle importance. Plutôt mourir que de vivre dans un monde qui n'est pas le miens. La vie est trop difficile. Et l'amour trop immense.




Dimanche 17 avril 2011 à 10:26

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Un site qui vaut le détour.

157 pages à dévorer.



 

Mardi 19 avril 2011 à 20:43



Cette fois c'est bon, j'ai eu suffisamment de preuves, je suis quelqu'un de souriant et gentil.
Ste chance. J'ai toutes les qualités du monde et des chevilles qui n'enflent qu'à peine. J'ai trop besoin de soleil et ce temps me fait trop de bien. Je me sens presque bien. Alors que rien a changé par rapport à l'hiver. Ce n'est qu'une question de soleil et de température. Pouvoir enfin préparer l'été et le conjuguer au futur proche. Je me sens presque bien dans ma peau. J'ai plus de responsabilités, des journées qui défilent, des choses à gérer. De nouveaux tshirt, des couleurs qui remplacent les gris, plein de couleurs. Je mange des fruits et des légumes. C'est jouissif de croquer dans la nature. De sentir ces saveurs, de voir ces couleurs. Rouge tomates, vert kiwis, dégradé endives, et j'en passe.

J'aurai pu faire n'importe quoi, n'importe quel métier. Je l'ai toujours su, je le dis depuis longtemps. Sauf dans le domaine médical. J'aurai pas pu être devant un patient. J'aurai jamais pu avoir les connaissances. Je ne sais jouer qu'au bluff. Je sais comment gagner. M'adapter aux gens. Donner l'apparence de, pour réussir. Tout en restant moi-même et bien conscient. Je ne parle que travail. J'ai été élevé comme ça. Je peux tout.

Seulement depuis toujours, j'ai le complexe d'infériorité. Et là nous ne parlons plus de travail. J'ai le complexe maladif. L'enfermement profond. La peur de sortir, du soleil, du contact et des gens. Il faudrait rajouter un poids de dix tonnes à chaque mot pour prendre conscience de l'étendue des dégâts. Mais vous n'en avez rien à faire. Ce n'est pas votre vie. C'est normal. Chacun sa peau. D'où me vient cette faille immense. Comment en sortir. Comment tout concilier. Comment n'être qu'un.


Vendredi 22 avril 2011 à 22:58



Une fois, Ju m'a dit quelque chose du genre:
"Tu sais M, si tu ne fais rien, un jour tu vas me perdre et tu t'en mordras les doigts"

Je trouvais ses mots prétentieux au début.
Et pourtant, ces mots, c'est à toi que je voudrai les dire maintenant..

Quant à Ju, je l'ai perdue.



Dimanche 1er mai 2011 à 20:14




Revenons aux fondamentaux:


 

Je vous parle comme on écrit dans un journal intime. J'écris à des personnes que je ne verrai jamais. Je suis libre de taper sur n'importe quelles touches de mon clavier pour assembler des mots, créer des phrases, des idées, des pensées. On nous apprends à agir ainsi, à ne pas faire ça, la boue c'est salissant, il faut manger à telle heure, telles choses, un certains nombre de fois. Il faut respecter les horaires de travail, y aller du lundi au vendredi, le samedi faire les courses, le dimanche se promener avec la famille au parc. Tu ne peux pas faire de bruit avec ta tondeuse à tel moment, tu ne peux pas faire brûler tes mauvaises herbes à tel endroit. Il faut laver ta voiture régulièrement ça sert à rien mais sinon tu passes pour un pouilleux.
Du blanc pour les mariages, du rouge pour l'amour. Bleu pour les garçons, rose pour les filles. Il faut mettre un costard pour les grands rendez vous, on serait peut-être mieux en short en été, mais non, pas le droit. La nuit il faut mettre un pyjama.

As-tu seulement essayé de dormir nu(e) ?

Des codes il y en a des tonnes. Et lorsque tu commences à réfléchir par toi-même, tu te perds. Il faudrait tout oublier, depuis le début tu es conditionné. Tu peux apprendre à te déconditionner. C'est comme cela que l'on ouvre les yeux. Que l'on regarde autour, que l'on prends conscience que. Tellement conditionnés que certains n'ont jamais pensé à dormir nu. Ces personnes ne perdent pas grand chose, simplement une moitié de vie à se sentir bien. J'ai envie de dire que c'est pas rien.

Avant, je me prenais la tête à me savoir si différent. Je suis différent. Et en société, dans vos codes et vos frontières, je suis mal. Dans la vie, on a 1- la famille, 2- la santé, 3- les amis, 4- l'amour. Quand la famille merde, quand t'as une santé de merde, pas d'amis, pas d'amour, tu as le choix entre aller brûler un cierge et te suicider. T'es pas croyant ? hum.... bref. Pour ce qui est du suicide, tu as la pendaison, le taillage de veines, le saut sans élastique, et j'en passe. Pour une fois que tu peux choisir par toi même et que tu ne seras pas là pour écouter les reproches, il faut en profiter. C'est une pensée de pré-ado en crise. Le suicide est lâche. Si tu en es à te poser cette question débile, demande toi plutôt ce que tu peux faire pour changer ta vie, au lieu de te demander comment la quitter.

Personnellement j'ai découvert un n°5: La liberté. On ne choisit pas ce que l'on nous met entre les mains, mais il nous reste une tête et donc la possibilité de créer. Se créer une vie, un monde, un n°5, des activités, des.. n'importe. Et si tu t'en cogne de la liberté, trouve toi autre chose. La règle, c'est qu'il n'y en a pas. C'est toi qui décides. Tu fixes les règles, les limites, les frontières. Tu comprends ? C'est toi qui décides. Nan tu n'as pas compris. C'est Toi qui décides. Tu m'écoutes ? C'est TOI qui décides. Tu plantes le décor, distribues les scénarios, seul ou à 10, à 2 ou à 1. A gauche ou à droite, maintenant ou plus tard. Tu n'es pas seul, tu t'adaptes au monde qui t'entoure, mais tu es quelqu'un, tu es 1 et tu existes. C'est toi qui décides.


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Si tu te demandes qui tu es..
Oublie tout ce que l'on a pu t'apprendre. Oublie ce qui est bien, ce qui ne l'est pas.
Rembobine, efface, rembobine à nouveau. Jusqu'à la moelle.
Et tu trouveras.



Mercredi 18 mai 2011 à 22:58




C'est quoi rembobiner ?

C'est simplement se remettre en question.
Puis remettre en question ce que l'on vient de remettre en question.
Et continuer ainsi de suite, se diriger vers la Vérité, la moelle, le zéro absolu, tout cela sans jamais pouvoir l'atteindre mais s'en rapprocher un peu plus. Je le fais parce que j'ai besoin de vérité nue. Quelque chose de pure, auquel on aurait retiré les milliards de couches de mensonges qui se sont accrochées au fil des années et ce depuis notre naissance. Parce que nous sommes tous hypnotisés dans un monde qui nous fait perdre pied. Le stress, quelle 'drôle' d'invention. Et l'on s'efforce un peu plus chaque jour à nous faire du mal. L'économie nous pousse, nous trimballe, nous dirige et nous malmène. On s'efforce à rester dans le cercle, dans ce moule dénué de toute raison. On s'efforce à suivre les schémas. On se caféine, on se motive, on se boost, on s'écoute de la musique pour traverser les différentes épreuves que l'on s'afflige. Sans trop savoir pourquoi.

Se remettre en question, cela passe par "Extérioriser".
Je ne sais pas si c'est le mot, c'est en tout cas celui que j'utilise.
Extérioriser c'est pour moi avoir un regard sur soi même indépendant de ce que je suis, de ce que je pense, de mon Moi. C'est se retrouver dans le corps d'une personne autre, qui porterait un regard sur moi même. Un regard vu de l'extérieur. Je ne suis plus moi, je ne suis plus mon corps, je ne suis plus mes pensées, je ne suis plus ce qu'on a voulu faire de moi. Je suis ce corps étranger que j'observe. Je suis un regard devant une unité. Je suis un regard qui n'a pour frontières que l'Infini. Je ne suis plus ce corps qui perçoit le monde à travers des jumelles. Je me détache du monde dans lequel je suis menotté, et je m'envole.

Dans les moments les plus difficiles à vivre, les trous des jumelles semblent rétrécir, on se focalise alors sur des idées noires sans parvenir à extérioriser, à se dire que ce n'est pas si grave. Car c'est aussi à cela que ça sert. C'est comme les petites embrouilles chaque jour, qui font que l'on se pourrit la vie pour des bêtises. Extérioriser permet d'aller jusqu'à apprécier la personne avec qui on se prend la tête. Parce que l'on a qu'une vie et que l'on se rend compte combien il est d'une bêtise sans nom de s'obstiner, de s'acharner, à des choses qui nuisent à chacun, au lieu de profiter de choses à coté que l'on ne parvient même plus à voir. A ne pas utiliser lors de moments de mini bonheurs 'de tous les jours', futiles, à des milliers de bornes de toute vérité. On a le droit d'être heureux lorsque l'on change de téléphone, même si cela est complètement désespérant et illusoire. L'important c'est d'être heureux tant qu'à faire. C'est pour cela que je martèle combien j'aimerai être de ces personnes complètement abruties par le monde qui les entoure. La tête dans le guidon, les yeux dans les jumelles, avancer, foncer, rigoler, mourir et refermer le livre. Mais non, je suis de ces cas sociaux qui ne parviennent pas à rentrer dans la mélasse, je suis hors série, hors concours, hors tout, et mes pensées ne tiennent pas dans un case.

Je n'ai pas choisi le monde dans lequel je vis. Alors je fais avec, je m'adapte, je vis avec. Simplement, depuis tout petit, je me pose trop de questions à leur goût, à eux, vous, qui détenez la vérité. J'ai appris bien trop tôt l'art d'extérioriser. Et à le faire, je me suis très vite rendu compte de la Bêtise Humaine. Tout ce mal, cette mécanique infernale, que l'Illusioniste société nourrit et entretient. Et ces gens, eux, vous, qui vous efforcez à dicter, à appliquer et faire appliquer les codes sans même savoir pourquoi. Cela entraîne le racisme, la haine, l'inégalité, la violence, et j'en passe. Je n'ai jamais voulu participer à cette guerre. Je refuse de participer. Je refuse de tomber, d'être avalé par ce mensonge grandissant. Je refuse de nourrir La Bêtise Humaine.
C'est pourquoi je suis à la recherche de la Vérité.


Il ne s'agit pas de refaire le monde. Il ne s'agit pas de tout remettre en question.
Cela n'est que ma façon de penser, une, parmi six milliard d'autres.





Vendredi 20 mai 2011 à 22:31



Aujourd'hui Camille m'a souri.


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Et le reste, je m'en fous.


Lundi 23 mai 2011 à 21:37




Vendredi soir je serai en vacances.
Je vais partir je ne sais où, je ne sais quand.
Me perdre dans un autre monde.
Un monde qui n'appartient qu'à moi.
Je m'en vais retrouver ce pourquoi je suis en vie.




Samedi 4 juin 2011 à 22:02



C’est toujours la même chose qui me vient à chaque fois que je cherche à raconter, expliquer ou décrire cette sensation: « Y’a pas de mots ».

J’intitulerai cette journée du 29 mai comme cela : « L’Endroit ». 

Hier je suis parti du Grau à midi. J’y ai quitté ma famille, j’ai été lâche, sans cœur, et je leur ai menti. Pour bien faciliter les choses en plus elles me faisaient culpabiliser. Je n’avais pas envie de partir, je ne voulais pas leur mentir, je ne voulais pas tout ça. Et pourtant, tout venait de moi. Qu’est ce qui me pousse à faire ainsi ? Pourquoi partir seul, loin de tout, encore plus seul que seul. Même habitué à l’être, gérer la solitude lorsque l’on est loin de ses repères, c’est encore autre chose…

Alors pourquoi partir ? Si je suis parti, c’est parce que je savais que j’allais trouver quelque chose, comme à chaque fois que je pars. Je sais que lorsque je reviens, la réponse à la question, je l’ai. 

Comment j’ai pu savoir pour la première fois ? Voici la réponse :

La première fois a été un cauchemar de solitude. Je devais partir avec un ami, j’avais tout préparé, les valises étaient même chargées dans la voiture de mon père. C’est la première fois que j’allais faire quelque chose, mes parents me posaient des tonnes de questions pour savoir si j’avais rien oublié, ou est ce qu’on allait dormir, etc. Mon père, très sérieusement avait vérifié le bon fonctionnement de la voiture, les niveaux, et avait fait le grand nettoyage de printemps à l’intérieur. La veille de partir, au soir, Etienne M me dit qu’il ne peut plus venir, prétextant une énormité surréaliste, un rdv à la banque ou je ne sais plus quoi. Là je me sens hyper mal, car dans ma tête, je partais demain matin, point barre. Lorsque je rentre à la maison, ma mère me parle du voyage, etc, toute stressée, toute petite, et.. quelque chose ne va pas. Je ne saurai dire pourquoi, mais je ne pouvais pas dire que c’était annulé, même si ça ne venait pas de moi. C’était trop tard, j’apprenais ça au moment où j’allais me coucher. C’était bien trop tard. Cette annulation surréaliste me faisait honte. Alors deux ou trois semblants, et j’allais au lit. C’est ainsi que je me suis retrouvé un beau jour, à partir seul, vers loin, vers nulle part, les laissant avec mon mensonge. Je roulais sur l’autoroute, sans musique, le regard vide, ne comprenant pas pourquoi je continuais à avancer. Arrivé à destination, les journées passaient, ça allait bien, jusqu’au soir. Les soirs c’est terrible. D’autant plus que je dormais dans la voiture, sur un parking ou je n’avais pas le droit d’accès, avec quasiment rien à manger. C’était il y a 7ans environ. Ensuite, je suis descendu avec Pierre L, c’était pratique parce que je le rejoignais là bas, où il avait ses grands parents qui y habitent. Là encore, j’avais emmené une tente, et c’était de la débrouille, d’autant plus qu’il n’était pas toujours avec moi puisqu’il fallait qu’il fasse des choses pour ses grands parents. Ensuite je continuais de le rejoindre, mais cette fois je dormais en mobil-homes. Mes trafic illégaux me rapportaient pas mal d’argent. Jusqu’au jour où j’ai arrêté de l’attendre, et où je suis partir seul. Avec mes mensonges.  

De fils en aiguilles, c’est comme ça que je me retrouve un dimanche soir de mai à l’hotel L’arola. Les espagnols n’ont jamais aussi nombreux en Espagne. D’habitude, à cet endroit là, les français font de la résistance, mais pas en mai. Encore deux semaines et la saison devrait véritablement débuter. Depuis que j’habite seul, il n’est pas rare que je ne m’habille pas tant que je ne sors pas. Je ne comprends pas l’intérêt de s’habiller s’il ne fait pas froid et que l’on est propre. J’imagine que c’est le genre de chose que l’on garde pour soi, sinon on passe pour je ne sais quoi. Je suis d’accord. Bref, tout ça pour dire que lorsque l’on regarde les naturistes en Espagne dans les criques ou les rochers, on ne peut que se dire « waw.. ça doit être le pied… ». Etant très pudique (en famille par exemple je ne me mets même pas torse nu), j’ai donc réalisé ce rêve sur une immmmense plage déserte, et.. c’est tout, y’a pas de mots.

Puis j’en suis arrivé dernièrement à mon fameux 10 septembre, où j’ai enfin osé me mettre nu à un endroit où on serait susceptible de me voir. Là où j’ai été rejoint par  cette femme espagnole d’une beauté sans non. Je ne parle pas de beauté physique, mais de sa façon d’être, de bouger, de ressentir, et j’en passe. A ce moment là, j’ai compris l’intérêt de le vivre en communauté. Parce que oui, ça apporte un sacré plus de le faire avec d’autres personnes, plus ou moins loin, etc, ça permet de s’assumer d’autant plus. C’est comme si tu rencontrais ton corps, et que tu lui tapais dans la main en disant « On fait la paix, cette fois, on est amis ». Une sorte de réconciliation de soi, à vie.  

Il n’y a aucune notion de beauté physique, ce qu’il y a de Beau, c’est à l’intérieur, ce que l’on ressent. N’importe qui peut faire la paix avec son corps.  

Revenons à nos moutons, parce que j’ai sommeil, et que j’ai pas attaqué de raconter ma journée. Je vais bacler du coup^^. Je sais que ça en intéressera au moins une.  

Aujourd’hui, je suis allé en Espagne. Je voulais tenter une plage naturiste de sable fin. Je me suis dit qu’en mai, ce serait le moment où jamais. Je me suis donc rendu à Sant Pere Pescador (c’est précisément dans cette bourgade qu’habite l’Espagnole du 10 septembre, intéressant n’est ce pas), je n’y suis jamais allé. Comme d’habitude, il suffit de tenter les chemins les plus désastreux, et on atterrit toujours sur une plage nat. En l’occurrence, il s’agit d’une plage immense (la costa brava dans toute sa splendeur) mais avec des endroits où l’arrière plan est habité (zone textile), d’autres où il y a des roseaux, des marécages, et des oiseaux de toute sorte (zone nat). A mon arrivé, il y avait des gens nus, éparpillés, et je me suis installé. Plus loin, c’était textile. Je me suis quand même mis au fond parce que je reste quand même pudique. Tout allait bien, jusqu’au moment où un couple de PD passait et repassait sans cesse. L’un avec un slip de PD, l’autre avec un sexe de PD sans parler de sa tête de pédophile, bref. Au bout de deux heures, je suis parti, et j’ai constaté qu’il y avait en début de plage beaucoup de textiles. Et que les naturistes étaient dans la zone kitesurf. Bref, l’ambigüité m’a poussé à partir.  

C’est là que j’ai opté pour l’après midi « seul au monde » histoire de me couper un peu de tout ça. Je me suis donc rendu au Cap de Creus, que je connaissais déjà très bien pour ce qui est de la partie touristiques. Mais j’avais vu sur internet qu’il existait des criques « secrètes » idéales pour.. être au naturel. Il faut savoir que le Cap de Creus c’est très très grand(iose par la même occasion). Ce sont des rochers à perte de vue qui se jettent dans la mer. J’ai donc garé la voiture un peu à l’instinct, et je suis parti à l’aventure. J’ai descendu un « chemin » et je suis tombé sur une première crique. Il y avait un couple nat et un autre qui arrivait par la mer en même temps que moi. J’ai tracé ma route, je suis remonté plus loin, puis redescendu. En bas on tombe sur une petite route goudronnée fermée au public. Je l’ai suivie, il y avait devant moi deux autres marcheurs. Puis je suis tombé sur une espèce de lagon avec une eau turquoise, et deux femmes seules, nues. Bon alors là quand l’une d’elle s’est levée de son bout de rocher pour nager au milieu de l’eau turquoise, je ne vous fais pas un dessin, y’a pas de mots.  Pas de mots pour décrire cela. Impossible. Je voulais prendre une photo tellement l’image était parfaite. Mais bon, trop de respect pour cette femme etc, donc non. Même si elle ne me regardait pas. J’ai continué un peu, puis j’ai fait demi tour, parce que j’aurai pu continuer encore longtemps sinon. A cause de DSK, à cause de ces pervers du parc à lyon, à cause des PD de Sant Pere Pescador, je n’ai pas regardé ces femmes, et je ne suis pas passé devant elles pour me rendre là où je voulais me rendre. Je me suis tapé tout le tour du « rocher ». De la corniche, de la falaise, bref. C’est devenu de l’escalade. Heureusement que je me déplace sur les rochers aussi vite qu’un… bref, plus vite qu’un crabe. Et je me suis retrouvé à un endroit où l’eau était tout aussi turquoise, je me suis installé sur un rocher tellement plat et confortable que j’avais l’impression d’être sur une plage. Je me suis rendu compte que l’accès depuis les femmes était impossible, qu’il fallait donc faire le grand tour, chose que personne ne fait. C’est d’ailleurs le repère des mouettes, je me suis fait engrainer à mon arrivée. Par contre, une fois installé, je savais que si elles faisaient le boucan, c’est que quelqu’un aurait pu s’amener. Mais impossible. L’endroit est parfait. Je me retrouve sur ce rocher dans une sorte de cuvette et personne semble pouvoir m’atteindre, on ne peut que me voir de loin. Encore faudrait-il qu’il y ait du passage. Tout ça pour dire. Que… Tu te retrouves nu au milieu d’un paysage exceptionnel, vierge de toute civilisation, l’eau turquoise, cristalline comme pas possible, avec la légère brise marine qui vient te caresser sur tout le corps, et là, le temps semble s’arrêter, tu oublies tout, tu fais parti intégrante de la nature. Tout semble concorder, comme si subitement, tout s‘imbriquait pour ne former plus qu’un. La Vie. Ou quelque chose du genre. Il n’y a plus de maillon manquant. Il n’y a plus de stress, plus d’excitation, plus d’euphorie, plus rien. Tout se retrouve strictement sur la même ligne. Toute la complexité de la vie qui se retrouve sur une même droite horizontale, d’ordonnée 0. 

C’est pour cela que je dis souvent qu’il ne s’agit pas de quelque chose d’extraordinaire, que ce n’est pas jouissif, etc. Non. C’est simplement naturel. On ne peut pas se trouver plus près, on ne peut pas mieux ressentir ce qu’est la Vie, la Nature, la Vérité. 

Ensuite, en bonus, vous pouvez toujours crapahuter sur les rochers, dans un décor de rêve sans que personne vienne tout interrompre. Et en bouquet final, vous jeter à l'eau.



Ou comment caresser la nature de tout son être.


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Samedi 4 juin 2011 à 22:06



Ce soir c’est un peu difficile. Mon hôtel préféré sur lequel je comptais semble fermé à cette époque. Du coup je me suis pointé devant un bâtiment au hasard, j’ai demandé le prix d’une chambre, 21euros, et du coup j’ai tenté même si le prix était douteux. Et j’aime pas du tout. Limite j’aurai préféré dormir dans la voiture. Enfin bref, c’est quand même bizarre les hôtels, de devoir payer sans même avoir vu la chambre. Ouais, je me sens bizarre ce soir. Je ne sais pas pourquoi, c’est assez étrange. 

Mince, je sais plus quoi dire. Ce matin j’ai pris mon petit déjeuné à l’hôtel « habituel » mais cette fois ci, dos à la mer. Je suis ensuite retourné à l’Endroit, cette fois ci, il s’agissait d’une étendue désertique. J’étais seul au monde, dans ce décor immense. Je l’ai parcouru tout la matinée et je confirme qu’il n’y avait personne. Je me suis donc rendu à la seule « plage » du coin, avec du sable. Je m’y suis installé, déshabillé. Une fois de plus je me retrouvais seul avec pour seule compagnie le bruit de la mer et des mouettes. Le bien être à l’état pur. Mais croyez moi ou non, sauvage que je suis, timide que je suis, insociable que je suis, j’aimerai partager cela. Qu’il y ait des gens, à bonne distance, pas trop loin non plus. Ca apporte un gros plus s’il s’agit de gens bien, évidemment. Ensuite le temps s’est couvert, je me suis garé dans Cadaques puis j’ai marché direction le phare. Sur le chemin, une vue exceptionnelle sur la ville. Dommage pour le temps ça gâchait tout. Ensuite je suis retourné à Llança pour acheter à manger et trouver cet hôtel miteux. Je me suis acheté de quoi faire des sandwiches, mais leur saucisson est tellement dégueulasse que j’ai mordu une fois dedans et j’ai jeté tous les paquets. Il faut vraiment que je mange demain. Puis si je retourne en France, peut etre que je prendrai rdv chez le médecin. Voilà deux semaines que je me trimballe je ne sais quoi, ça a commencé par une angine, et maintenant, je tousse tous les soirs à chaque fois que je respire, et il y a du sang. Bref, que des réjouissances. Mais je ne m’inquiète plus. On s’est trop souvent foutu de ma gueule parce que j’avais ci ou ça. Maintenant je dis plus rien et j’attends que ça passe. Si ça passe.


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Samedi 4 juin 2011 à 22:11



Hier j’ai dormi dans la voiture. C’est pas un cadeau, ce n’est pas par plaisir. J’ai « dormi » 2h tout au plus. Mais quand même, dormir pour zéro euros, ça soulage un peu. Parce que le cout des hôtels en cumulé ça fait vite peur. Il ne faut pas y penser. Voilà pourquoi on a beau balancer de jolies phrases, je persiste et signe en disant que la liberté s’achète.
 

Je suis parti peu après 5h du matin direction l’Espagne. Ce n’était sans doute pas très prudent étant donné que j’étais tué. Et ce n’est pas avec les nuits précédentes que j’ai pu mettre des heures de sommeil de côté. Bref ! Je suis passé à la frontière à l’instant où l’on apercevait le soleil se lever. Il devait être à peine plus de 6h. Je me suis dépêché de rejoindre la plage où j’ai pris quelques photos du levé de soleil le plus beau que j’ai jamais vu. Ca m’a fait penser à un passage du film Into the wild. J’ai continué ma route en faisant une étape à Empuriabrava. Je suis allé côté grande plage, là où elle s’arrête à cause d’un cours d’eau. Et de l’autre côté, la partie sauvage sauvegardée. Il est tôt, un homme promène son chien, une femme court et je déambule quelques minutes. Je reprends la voiture et pars pour l’Escala. Je ne suis jamais de ce côté-là de la ville, je tombe sur une sorte de calanque. Je rejoins ensuite une grande pépinière que je connais bien, j’achète quelques plantes. Elles sont dans la voiture pour je ne sais combien de temps encore.. si les plantes d’appart résistent, j’aurai bien de la chance.. Je retourne au Cap de Creus et m’arrête à la première calanque. Il s’agit d’une petite crique de cailloux avec une ancienne maison de pêcheur au fond. Il y a beaucoup de vent, c’est la seule abritée. L’envie étant trop importante, je prends le risque de m’y installer et de m’y déshabiller alors qu’elle est sur le passage du sentier littoral. J’y reste de 11h à 15h, et je n’aurai eu que le passage de 2 mecs qui doivent être garde côte ou quelque chose du genre. Ils sont entrés dans la maison, ont regardé je ne sais quoi, et sont repartis. Bon dis comme ça ça semble simple, mais ça ne l’était pas du tout.

J’avais peur qu’il s’agisse du dernier jour de soleil, et bien que j’étais à l’endroit idéal, j’ai décidé de fouiller les autres sentiers que je n’ai pas fait sur l’autre versant pour voir ce qu’il s’y passe. Je voulais.. ne plus être seul. Voir si j’étais capable. J’ai passé un long moment à marcher, et je vous passerai les détails, à traverser des kilomètres de garrigue pour trouver des endroits sauvages. Certes je déviais du but, mais je suis très curieux de savoir ce qu’il y a derrière, et encore derrière, etc. Alors je fais vite du chemin.

Tout ça pour dire que du côté où j’étais, cela faisait comme une sorte d’amphithéâtre, avec en bas au centre un lagon d’eau turquoise. Magnifique. Je me mettais dans le bon sens pour prendre une photo de l’ensemble, et j’apercevais écrit à la peinture blanche sur un bloc de rocher tombé : « Platja nudista ». Là encore, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’y suis descendu. La difficulté du moment, c’est qu’on est vu de tous, en petit mais quand même. Et une fois en bas.. Y’a pas de mots. Le sable blanc, l’eau turquoise, les rochers, etc. et tout autour les rochers qui s’élèvent, des gens qui marchent, en petits points, un peu partout, les yeux rivés sur ce lagon, sur moi. Les battements de mon cœur s’accélèrent dès que je suis en bas. Dès que je sais que je vais le faire. Je pose mon sac, je prends quelques photos, puis je sors ma serviette, je l’étale, je quitte mon short, puis mon tshirt. Se retrouver nu, ici, au milieu de ce paysage, …il faut le vivre pour comprendre. Pour en prendre la juste mesure. Les nuages arrivent, et pour profiter des dernières secondes de soleil, je vais jusqu’à l’eau, je rentre jusqu’au niveau des cuisses puis je me baisse, ça aussi il faut le vivre… Le summum.

Je ressors et me sèche, le soleil est parti. J’enroule ma serviette autour de moi, et je regarde, tout en haut, tout autour, je contemple ce somptueux paysage et prolonge quelques secondes de plus ma liberté.

Le soleil s’en est allé, je m’assois sur un des rochers, encore chaud, et je sèche mes pieds avec ma serviette. J’aperçois deux néerlandaises qui pataugent depuis une autre crique plus loin, elles sont dans l’eau, emmaillotées de bain.

A ce moment là, je prends conscience qu’un cap est franchi. J’ai vu mon corps nu sans marques, j’ai ressenti, j’ai vécu, là, et je réalise quelque chose d’indéfinissable. Un déclic qui dit que je ne suis plus le même. A ce moment là je suis tellement bien, tout me semble si évident, cette Vérité, que je ne ressens plus de problèmes avec mon corps. Mais plus du tout, jusqu’au plus profond de moi-même.

Je me promets de me noyer dans un océan de bien être cet été.

Je tiens toujours mes promesses.


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Samedi 4 juin 2011 à 22:14



Love makin' Love

Alors alors.. Aujourd’hui, il a failli ne rien se passer. Nuageux toute la journée, j’attendais le soleil. J’ai passé la nuit en France, juste après la frontière histoire de pouvoir regarder la météo sur le portable, voir mes mails, envoyer quelques sms, etc. Je me suis rendu une fois de plus à Cadaqués, car plus j’y vais et plus j’ai envie d’y retourner. Je me souviens la première fois, j’y étais allé en famille et sur un prospectus c’était marqué « Le St tropez espagnol ». On trouvait que ça n’avait rien d’un St trop, pas vraiment de bourges, pas de yacht, même pas de port, etc. Et plus j’y retourne, et plus je me dis que c’est pas complètement faux, il y a une petite ambiance assez spéciale, différente des autres villes. Et surtout, en passant devant un des café, le principal dirons nous, j’ai vu au travers des vitres des brigitte Bardot à la belle époque, cela va de soit. Un livre à la main, le café sur la table, etc. Une femme de film. Et d’autres aussi. Bref. Puis je me suis promené tout le long, mais du côté gauche de la ville pour une fois. Je marchais, je marchais, je réfléchissais beaucoup, j’essayer de comprendre pourquoi je ressentais cette chose si particulière dans le fond du ventre ou du cœur. Pourquoi cette attirance, pourquoi ce bien être, pourquoi suis-je ici, si bien. Puis le soleil est sorti. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais il est sorti, et depuis le temps que ça moulinait dans ma tête, d’un seul coup, c’est comme si je vivais le moment présent aussi fort qu’il est possible de le vivre. Sans penser aux secondes qui passent ni rien. Juste au présent. J’avais subitement des réponses qui me venaient, plus de réponses que de questions, alors je les ai écrites sur mon portable pour ne pas oublier. Bien sûr je risque de passer pour un débile étrange, mais je m’en fous, évidemment : 

« Le soleil sort et les frissons parcourent mon corps tout entier. Il n’y a qu’ici que je trouve un sens à ma vie. Je comprends alors que c’est ici que je mourrai, car lorsque je partirai, mon âme, cette Vérité nue, s’éteindra pour laisser de nouveau la place à des tissus de mensonges, ce que la société a fait de moi. » 

Comme le soleil sortait et que je l’attendais depuis ce matin, je me suis dépêché de retourner à la voiture pour aller au Cap de Creus. Je quittais à peine Cadaqués et je vis une fille qui marchait à un endroit où je ne devais pas me trouver, je ne sais pas pourquoi, je n’ai vu qu’elle. Peut-être aussi parce que c'était la seule que j'ai vue depuis mon arrivée. J’ai continué mon chemin, et je me suis arrêté à mi-parcours pendant un long moment, pour manger. Manger, un grand mot une fois de plus.. J’écoutais la musique dans ma voiture à l’abri du vent, devant un spectacle de paysage. J’ai dû grignoter pendant une heure, et je repensais au film « Olé » quand ils regardent la campagne andalouse en écoutant de l’opéra. Moi c’est freddie mercury, je persite, signe et re-signe. C’est ce que la musique a fait de mieux. Inégalable, à jamais inégalé. Bref, ce n’est pas le sujet. Puis je repars en voiture où je vais jusqu’au bout de la route du cap pour faire demi tour, et là, tadam, qui vois-je, la fille du début. Nos regards se sont croisés et j’ai su à cet instant qu’il fallait que je lui parle. Une fille qui vient de se faire je ne sais combien de kilomètres à pieds, seule, avec un vent de face et des chaussures en cuir, sans chaussettes, ça cache forcément quelque chose d’extraordinaire. Je fais demi-tour donc, comme prévu pour me mettre dans le bon sens et je reviens sur mes pas. Je gare la voiture aux ¾ du parcours à peu pres. Comme les autres fois. Je commence par prendre mes affaires pour entamer une marche au hasard, puis finalement, je me dis qu’il faut forcer un minimum le destin, alors je vais jusqu’au cap, en me disant que peut être je la croiserai. La fille.  Je marche, je marche, à prendre des raccourcis n’importe où, la marche je transforme très vite en escalade, et je remarche. Je me trouve en haut, au sommet, là où les touristes moyens déposent leurs voitures, prennent 7 photos, et repartent. J’ai le choix entre des dizaines de chemins différents, et je me dis que si j’étais elle, je passerai par là. Puis je le vois, au loin. Elle continue dans les rochers, façon fille à bout qui va sauter. Puis elle fait demi-tour. Je ne sais pas si elle va prendre une navette pour rentrer ou tout se retaper en verlan. Je la perds de vue. Bon, je vous passe les détails, grosso modo à l’instinct je prends tel et tel chemins. Je suis à 2 doigts d’abandonner, et je fais ce truc stupide que font ces ados en mal de vie : Je dis « Carpe Diem » pour voir, je me donne du courage en me disant qu’il faut que j’aille au bout, que de toute façon, ici, je suis libre et qu’un jour je vais mourir. Je marche, j’ai l’impression de l’avoir perdu pour de bon, jusqu’au moment où je la revois, elle suit bien le chemin que j’emprunte, elle est juste devant, nous sommes au milieu de la pampa désertique. Je m’approche de plus en plus, jusqu’au moment où elle m’entend et se mets à l’écart pour me laisser passer. Je lui dis bonjour et lui demande si elle parle français. Elle me répond « un petit peu » puis je lui demande si elle sait si le chemin rejoint la route. Elle ne sait pas, elle, elle va jusqu’à Cadaqués. Je lui demande si c’est elle que j’ai vu tout à l’heure, elle me dit que c’est possible, et c’est parti. Nous faisons le reste du trajet ensemble. Nous sommes tous les deux, au milieu de la garrigue, elle me raconte sa vie, je lui raconte la mienne. Elle est Anglaise, hôtesse sur un bateau. C’est la seule femme, elle est accompagnée de 3 autres garçons, et ils proposent des voyages à 3000euros la semaine… Je souris quand je lui demande où elle habite et qu’elle me répond « nulle part ». Elle est Anglaise, mais voyage sans cesse. Elle n’aime pas vraiment l’Angleterre, et me dis qu’elle trouve les français « magiques ». No comment. On parle vin, fromage, pain, le coup classique quoi.. Je dis que ce sont de faux préjugés, surtout le béret (non mais c’est vrai quoi !) puis elle me réponds que les gens vont quand même beaucoup dans des boulangeries acheter du pain. Alors soit. Je lui demande si elle n’a pas mal aux pieds, et me répond que ses chaussures sont juste trop grandes; qu’on lui a prêté. Elle aimerait bien vivre en France. Elle connaît Lyon, des amis à elle y sont, sur une grande péniche. Hm hm, à tous les coups je passe devant tous les week end quand je fais mon footing. Elle a vécu 6mois à Marseille, à Montargis, etc. Bref. Après plus d’une heure de marche, on rejoint la route, moi je n’ai plus qu’à faire demi tour pour aller retrouver ma voiture. Je lui ai appris le mot « trouver ». Dans l’élan, on continue de marcher, elle me souhaite bonne chance pour les 6 bornes à me retaper, on se dit merci, on se sépare. Merde. Quel nullos. Je voulais la revoir moi. Et là j’entame le footing de ma vie pour récupérer ma voiture XD. Tous ces WE à courir, ça m’aura enfin servi à quelque chose. J’ai couru à fond tout le long, sachant que j’ai pas bouffé depuis une semaine, et pas bu de la journée. Lol. Mais je fais le chemin, pas fatigué. J’espère pouvoir la revoir, j’aimerai lui laisser mon adresse mail. Hm. Je re re fais la route dans l’autre sens, et je la revois !  mais je suis passé trop vite, et la route est serrée, c’est pas le genre où on se met en warning et on reste sur le coté. Je me gare plus loin, je lui écris mon adresse sur ma carte de visite du boulot, et euh.. Je la vois arriver, je sais pas si je vais passer pour un gros lourd ou quoi, si ça se fait ou pas, mais je me mets sur le côté, je lui donne ma carte et lui dis que j’aimerai bien avoir de ses nouvelles. « Oh.. merci.. merci ». Et je pars, un peu comme un voleur je crois mais j’ai pas trop réfléchit sur le coup. J'étais assez gêné de lui laisser mon mail. Je sais qu’elle avait une semaine de « vacances » là pour elle. J’aurai dû lui proposer de se voir le lendemain. Mais bon. J’ai pas la moindre envie de passer pour un gros lourd, j’avais déjà l’impression d’être à la limite, même si elle semblait avoir aimé que je sois là et que je lui laisse de quoi me joindre.

Je suis ensuite retourné dans Cadaqués pour « poser » tout ça. J’ai marché le long de la mer, très lentement, le soleil se couchait. Et je me souviens m’être dit : « Je suis heureux ».




Samedi 4 juin 2011 à 22:16



Aujourd’hui il ne s’est rien passé. J’aurai aimé écrire que j’ai revu l’Anglaise, mais non. Elle est hotesse d’accueil sur un bateau. Elle me parlait souvent d’aller voir ci ou ça sur internet, du coup je n’ai pensé qu’à lui laisser mon mail. Au lieu de lui donner rendez vous le lendemain. Alors qu’elle, m’a demandé plusieurs fois si je restais sur Cadaqués. Bref, c’est bien bien dommage, mais je n’y ai pas pensé sur le coup. Du coup ce soir je dors dans un hotel à Cadaqués. Je ne pensais pas le faire un jour puisque j’imaginais les prix gonflés juste parce qu’il s’agit de cette ville. Je me suis présenté au 1er que je sentais bien, et j’ai pris une chambre pour 40euros. Les autres fois je payais 35 et je faisais beaucoup de route, donc c’est pas plus mal… La chambre est parfaite pour moi, elle est petite, avec un lit assez grand, une salle de bain, il y a le chauffage, la clim, la télé, et tout est bien propre. Ah, et même le wifi, mais je sais pas si c’est payant ou pas. Je demanderai en sortant. J’irai prendre des photos de nuit, ça doit être vraiment joli. Les français ont débarqué depuis hier, le contraste est assez saisissant. C’est blindé maintenant.

Si je veux échapper aux bouchons du retour de pont, il faudrait que je parte demain.. et ben psychologiquement je ne suis pas prêt du tout. Je ne veux plus partir.

Rencontrer une anglaise en Espagne quand on est français il parait que je fais dans le compliqué. Mais c’est ce dont j’ai envie et besoin. Quelque chose d’important aussi à ajouter. Je suis là, je suis seul, je suis libre, et pendant ce temps, je croise des gens, tu sais, ces vieux bof de français. Ils sont là, tous, avec leurs grands airs, ils se prennent pour les maitres du monde. Et ben tu sais quoi ? Je les regarde et ils font la gueule, ils s’engueulent avec leurs femmes, et j’en passe. Leurs gamins disent des gros mots, ça crie, ça stress, ça angoisse pour des merde. Oh, stop. Pause, respirez merde. Tellement hypnotisés qu’ils n’arrivent pas à décrocher de leur vie stupide, vide de sens. En aucun cas je ne prétends faire ce qu’il faut, détenir la vérité, etc, etc. Simplement, je dis que je prends le temps de ressentir. Et je ne peux m’engueuler avec personne. C’est mon seul bonheur d’être ici. J’ai toujours peur de partir, limite j’en ai pas envie. Je me souviens très bien l’avoir dit il y a une semaine. C’est sans doute parce que je suis justement hypnotisés, comme tous ces Autres, que je ne sais plus où je suis, où je vais, et pourquoi. Aurélie a raison quand elle dit qu’il n’y a qu’ici que je suis moi-même.

Alors quand il ne fait pas beau qu’est ce que je fais ? Je cours, ensuite je marche, et ça me prend toute la journée. Parce qu’en vacances, je suis habitué à marcher énormément, les sentiers littoral alias Cami de ronda n’ont plus de secrets pour moi. Ca permet de connaître chaque recoin de la côte. Je prends aussi le temps de m’arrêter, de regarder les gens, le fond de l’eau, le ciel, tout…

L’hotel, c’est « Nou estrelles ». La dame à l’accueil est excessivement gentille, exactement comme j’aime puis elle se débrouille bien en français. Il y a aussi un parking, gros plus ici où on est (normalement) obligé de payer pour se garer en été. Bref.

Les mouettes font un bruit de folie. L’air est salé. Et je ne veux pas rentrer.


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Dimanche 5 juin 2011 à 9:52



Ce matin, l'Anglaise se réveille sur son bateau. Quelques personnes font un footing, d'autres nagent le long de la cote en groupe. Ce matin, la dame bronzée installe les tables de sa terrasse, le vieux monsieur est assis sur son banc un mégot à la bouche, le clone de BB prend son café un livre à la main devant le casino, la fille à la jupe noir se réveille à l'hotel Rocamar, quatres gamins pêchent sur l'avancée en béton dans le virage serré, Maria sert les petits déjeuners à L'hostal l'arola, une blonde prolonge sa nuit à côté des cahiers sur lesquels elle dessine la ville en journée.

Ce matin, il pleut sur ma vie.




Vendredi 10 juin 2011 à 22:54



Je l'ai sans doute déjà dit, mais petit, je me demandais si les autres n'étaient pas tous des acteurs. Comment savoir où se trouve la vérité si on nous la cache. Après tout, nous sommes bien manipulés. Aujourd'hui encore, j'hésite. Je me dis que ça pourrait être possible. Je me dis cela car je suis tellement loin des gens, de ces Autres là qui tournent tout autour. Ils agissent, obnubilés, le regard vide, concentrés sur la tache à accomplir. Et je ne sais pas si les rires que j'entends dehors ne sont pas qu'un disque qui tourne. Je pourrai rouvrir mes volets et ils lanceraient l'image à nouveau. C'est comme les lumières de la ville, restent-elles allumées lorsque je dors ? Se rallument-elles lorsque je me réveille ? Et surtout, la mer. Je n'arrivais pas à croire que les vagues puissent continuer leur balai lorsque les vacances étaient terminées. La magie était si forte, que je ne comprenait pas pourquoi on repartait. Peut-être qu'en hiver ils arrêtent le décor, que la mer est d'huile, que les mouettes, les crabes, les poissons attendent. Et lorsque vient l'été, lorsque je m'approche, tout reprendrai de nouveau: les mouettes s'envoleraient, se chamailleraient, les crabes feraient semblant de crapahuter dans les rochers, quelques poissons viendraient se donner en spectacle, et le tempo de la mer ne serait jamais le même. Les gens passent devant moi, ils alternent homme, femme, enfants, vélos, fous, pour donner un sens à tout ça. Cela expliquerait tant de choses. Pourquoi je me sens différents, ou pourquoi eux le sont.
J'ai commencé à penser à cela lorsque j'ai su qu'il y avait un truc qui existait que l'on appelle "l'amour". Cela me semblait tellement loin, tellement inaccessible, je me disais qu'il était impossible que deux personnes se rencontrent, se touchent, s'embrassent. Impossible. Ca m'aidait à me rassurer. Je me disais que de toute façon ce n'était qu'une machination, que j'avais le droit de ne pas le vivre, d'en avoir peur peut-être.
Interdiction de vivre. Je ne sais pas vraiment comment j'ai pu en arriver jusque là. Le mal était donc si grand, si fort, si long, qu'il m'aurait formaté si différent ? Visiblement. Jamais je ne pourrai vivre à moins de 2h de ma famille. Jamais. C'est juste impossible. Et plus je m'éloigne, plus je me retrouve, plus je m'autorise à être quelqu'un. Je suis à deux heures. C'est trop limite.
Je ne sais pas pourquoi les gens ne me parlent pas, pourquoi ils ne me regardent pas, pourquoi ils ne me sourient pas. J'ai toujours eu l'impression d'être de passage. A déménager le mois prochain, ou quelque chose du genre. Je n'arrive pas à me lier, pas sur le long terme tout du moins. Est ce qu'il y a des caméras dans mon appartement ? Est ce que vous m'observez ? Vous faites des tests ? C'est bon, on arrête c'est d'accord j'ai perdu. Mais je veux arrêter là.
Pourquoi ne m'a t-elle pas écrit ? Elle aurait dû m'écrire si tout n'était pas qu'une mascarade. Elle aurait dû m'écrire.



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