"On fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie."
"Parfois, il faut se forcer."
Je comprends pas tout ça. Et j'ai peur. On dirait que personne ne me comprend.
Si je ne suis pas comme les autres, cela veut dire que j'ai tort ? Apparemment.
J'ai pas envie de me forcer avec les gens avec qui je n'ai pas envie d'être. A qui je n'ai rien à dire. Leur vie ne m'interesse même pas. Si c'est pour savoir ce qu'ils ont bu ce week end, ou connaitre les détails techniques de la dernière moto qu'ils ont acheté. Mon dieu. Leur vie me fait de la peine. Bien sûr on pourrait en dire de la mienne. La mienne est juste inexistante. Je n'ai rien à raconter. Je n'ai pas envie de leur raconter. Ils me parlent de matériel, je leur parlerai de sensations, de la beauté des choses, etc. Et je croiserai leurs regards vide de toute magie.
Est ce que je dois y aller ? Pourquoi se forcer ? Pourquoi se faire accepter ? Pourquoi ce ne serait pas à eux de faire l'effort de comprendre mes choix ? Pourquoi c'est à moi de me plier aux règles ? Pourquoi c'est toujours moi le sauvage et eux les bien pensants ? Qui a juste, qui a faux ? Le pire c'est que je dois vraiment être bête, parce que je pense être dans le vrai. Et tout le monde dit ou pense le contraire.
C'est chiant que tu sois partie comme ça "princesse".
Tout à l'heure ils faisaient la promo du film "Les émotifs anonymes". J'ai cru qu'ils parlaient de moi. C'est la merdasse. Je savais même pas que ça existait. Les prochaines lignes qui vont suivre sont fausses, c'est juste que j'ai besoin de les écrire. Je suis solide et je pleure. Je suis allé courir et avec le froid, mes yeux pleuraient. Les gens me regardaient, tous, droit dans les yeux. Et moi je regardais devant. Toujours. Comme si j'allais chercher à attraper quelque chose. Une vérité. Ou combattre le passé. Les gens passaient, les gens tournaient, s'embrassaient ou riaient. Moi je courrais, j'avais froid et je pleurais. Je me sentais moche, je me sentais nul, je me sentais minable parmi les minables, noyé dans une vie on ne peut plus minable. Mon ventre tremblait sous les plis de ma vie. On me demande de me forcer à ci, à ça. Je suis là, terrifié. Complètement petit au milieu de gens qui imposent leurs lois. Ils sont là, ils m'entourent et il pleut. Je ne peux pas sortir, je ne peux pas m'enfuir. Je dois les écouter, soumis, le ventre noué. Je dois obéir, je veux partir. Le souffle se saccade et le coeur n'en fait qu'à sa tête. Je ne respire plus. Je me vois mourir devant eux et je les entends qui continuent de parler, tous ensemble, dans un brouhaha incessant. Personne ne dit rien, personne ne fait rien. Jusqu'à ce que je jette les armes, que je me laisse mourir, sans avoir pu comprendre en quoi consistait ma vie.
Puis merde, j'ai pas à me justifier.
Et j'en ai marre des parties de cache cache entre fantômes.
Hé, j'ai un problème avec les choses que je trouve excessivement belles, j'arrive pas à les toucher.
