Dimanche 12 décembre 2010 à 22:05






"On fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie."
"Parfois, il faut se forcer."

Je comprends pas tout ça. Et j'ai peur. On dirait que personne ne me comprend.
Si je ne suis pas comme les autres, cela veut dire que j'ai tort ? Apparemment.
J'ai pas envie de me forcer avec les gens avec qui je n'ai pas envie d'être. A qui je n'ai rien à dire. Leur vie ne m'interesse même pas. Si c'est pour savoir ce qu'ils ont bu ce week end, ou connaitre les détails techniques de la dernière moto qu'ils ont acheté. Mon dieu. Leur vie me fait de la peine. Bien sûr on pourrait en dire de la mienne. La mienne est juste inexistante. Je n'ai rien à raconter. Je n'ai pas envie de leur raconter. Ils me parlent de matériel, je leur parlerai de sensations, de la beauté des choses, etc. Et je croiserai leurs regards vide de toute magie.

Est ce que je dois y aller ? Pourquoi se forcer ? Pourquoi se faire accepter ? Pourquoi ce ne serait pas à eux de faire l'effort de comprendre mes choix ? Pourquoi c'est à moi de me plier aux règles ? Pourquoi c'est toujours moi le sauvage et eux les bien pensants ? Qui a juste, qui a faux ? Le pire c'est que je dois vraiment être bête, parce que je pense être dans le vrai. Et tout le monde dit  ou pense le contraire.

C'est chiant que tu sois partie comme ça "princesse".

Tout à l'heure ils faisaient la promo du film "Les émotifs anonymes". J'ai cru qu'ils parlaient de moi. C'est la merdasse. Je savais même pas que ça existait. Les prochaines lignes qui vont suivre sont fausses, c'est juste que j'ai besoin de les écrire. Je suis solide et je pleure. Je suis allé courir et avec le froid, mes yeux pleuraient. Les gens me regardaient, tous, droit dans les yeux. Et moi je regardais devant. Toujours. Comme si j'allais chercher à attraper quelque chose. Une vérité. Ou combattre le passé. Les gens passaient, les gens tournaient, s'embrassaient ou riaient. Moi je courrais, j'avais froid et je pleurais. Je me sentais moche, je me sentais nul, je me sentais minable parmi les minables, noyé dans une vie on ne peut plus minable. Mon ventre tremblait sous les plis de ma vie. On me demande de me forcer à ci, à ça. Je suis là, terrifié. Complètement petit au milieu de gens qui imposent leurs lois. Ils sont là, ils m'entourent et il pleut. Je ne peux pas sortir, je ne peux pas m'enfuir. Je dois les écouter, soumis, le ventre noué. Je dois obéir, je veux partir. Le souffle se saccade et le coeur n'en fait qu'à sa tête. Je ne respire plus. Je me vois mourir devant eux et je les entends qui continuent de parler, tous ensemble, dans un brouhaha incessant. Personne ne dit rien, personne ne fait rien. Jusqu'à ce que je jette les armes, que je me laisse mourir, sans avoir pu comprendre en quoi consistait ma vie.

Puis merde, j'ai pas à me justifier.
Et j'en ai marre des parties de cache cache entre fantômes.


Hé, j'ai un problème avec les choses que je trouve excessivement belles, j'arrive pas à les toucher.




Lundi 13 décembre 2010 à 21:53




Cette nuit, je suis tombé amoureux de toi, Clémentine.


http://ne-te-promene-donc-pas-toute-nue.tumblr.com/photo/1280/856282339/1/tumblr_l63xefISbi1qarty1

 

Vendredi 24 décembre 2010 à 22:58




On nous enseigne très jeune la honte du corps libre.


Il y a des gens qui trouvent ça dégueulasse. Alors nous sommes tous dégueulasse. Nous avons tous un sexe, des fesses, comme nous avons des bras, des mains. Notre corps est la vérité, c'est Nous, sans costume, sans masque, sans artifice. On est comme l'on est et comme l'on nait.

Je pense que les premières fois ne sont pas forcément les plus faciles, que c'est normal. Car nous ne sommes pas habitués. Le naturisme ce n'est pas une mode, ce n'est pas quelque chose de physique si ce n'est le fait de quitter ses vêtements. Je pense que les gens qui ne comprennent pas, sont les gens qui ne regardent que ce côté là, le physique. Regarder des seins, petits ou gros, des fesses, fermes ou non, un sexe, rasé pas rasé, petit ou non, et j'en passe. L'idée qu'ils en ont, ce sont des vieux matteurs pervers qui restent au font de la plage et se tripatouillent devant les jeunes femmes. Alors oui, soit disant que ça arrive. Il y a des dérangés partout. Nous sommes pas chez les Bisounours. Et il ne faut pas croire qu'il y en a à chaque plage, c'est complètement faux.


Je suppose que les gens associent nudité à sexualité. Que les groupes de gens nus sont à leurs yeux échangistes, etc. parce qu'ils ont vu passer à la télé des reportages tournés au cap d'Agde, ou a la plage de l'Espiguette, avec ses zones "gay", "échangistes", "familles", "célibataires" et j'en passe.
Ces reportages qui font passer ces lieux pour du naturisme sont hors sujet. Et j'espère bien qu'ils le savent et que c'est volontaire pour créé la polémique, faire de l'audimat.
Certains imaginent également que les hommes sont sans cesse "excités". Encore une fois c'est loin d'être le cas. Bien au contraire. Il n'y a plus de notion de sexe, il n'y a que des corps. Les mêmes pour chacun. Hommes, femmes, la liberté d'être soi.


Il y a des handicapés naturistes. Des personnes qui se sentent bien dans leur corps grâce à cela. Ces personnes qui n'oseraient même pas se mettre en maillot sur une plage textile. Cette image là, je trouve ça beau. C'est exactement ça.

Parce que les nudistes ne se regardent pas entre eux. Nous sommes tous pareils, il n'y a rien à comparer. Petit grand gros, qu'est ce qu'on en a à faire. Nous sommes des humains. Se montrer tel que l'on est, c'est accepter son corps.
Certains ne l'acceptent pas. Mais ça s'apprend. Combien se sentent bien dans leur peau suite à l'expérience naturiste? On peut se détester, se dévêtir, faire l'effort de se prendre en photo et constater qu'au final, nous ne sommes qu'un corps, parmi les milliards d'autres. C'est quand même important d'être bien dans son corps.



C'est la réappropriation du corps. Mon corps m'appartient. Je suis qui je suis. C'est moi et j'ose être celui que je suis.

Un monde où quand il faut chaud on se déshabille, quand il fait froid on s'habille, quoi de plus normal.

L'éducation ne nous a pas enseigné cela comme quelque chose de naturel. On a souvent peur de déroger à la règle. De ne pas faire comme les autres. De ne pas assumer ces moments où l'on se sent mieux. Si ce n'est pas le cas vous pouvez toujours garder votre maillot de bain sous la douche par exemple. Vous avez le droit. On se déshabille, on se rhabille, machinalement, rapidement, sans même prendre le temps de se rendre compte que l'on est mieux sans rien.

Je doute que l'on puisse comprendre ces mots sans en avoir vécu l'expérience. On en a envie, ou on en a pas envie, c'est certain. Et je conçois évidemment que ça ne puisse pas plaire, pour je ne sais quelle raison. Pour les gens qui ont essayé, vous comprendrez que c'est un pas qui ne se fait jamais en arrière...


Le naturisme ce n'est pas juste se mettre nu, c'est un ensemble de valeurs qui sont liées au bien être, à la nature, à l'égalité entre les personnes, au respect de l'autre et de soi même.

Je regarde des blogs, des reportages, etc. sans trop comprendre pourquoi le phénomène d'être nu pose encore autant de problèmes. Puis je les vois, ces gens, sortir de l'eau et sécher au soleil, je les vois ramasser des coquillages le long de la mer, je les vois marcher, faire du vélo, jouer à la pétanque. Je les vois sereins, posés. Je comprends qu'ils sont simplement biens dans leur corps, qu'ils se fichent de ce que peuvent penser les autres. Peut être que tu ne comprends pas. Ce n'est rien. Rien qu'une question de Liberté.



http://au.dela.des.frontieres.cowblog.fr/images/zzzzzzzzzz.jpg


Je parle de cela car j'aime naviguer le long des frontières. Rien n'est là par hasard. Je suis le même que j'étais. Simplement plus assumé. Je sais trop bien combien il vaut mieux être vrai, être soi, entouré de gens qui nous correspondent, plutôt que de se forcer à se mélanger à la mélasse. Noyé dans un bouillon de mensonges. Les gens qui ne comprennent pas pourront toujours juger. Certains ne feront que ça de leur vie, pensants être les rois du monde. Quelle importance. J'attends l'été de pouvoir passer "la frontière". Je tiens à ma liberté. De corps et d'esprit.




Dimanche 9 janvier 2011 à 15:04






Je ne suis pas un anarchiste. Je n'ai aucunement l'envie de changer le monde. Je veux juste être bien dans le miens. Les gens bornés qui trimballent en boulets leurs interdits, je les laisse où ils sont. Je les fuis.
Je dois avoir un problème d'ouverture d'esprit. Tout est trop ouvert et le trou semble s'élargir chaque jour un peu plus.
Ou alors trop fermé. Parce qu'il y a des tonnes de choses que je ne comprends pas. Il y a de quoi se poser des questions. Je ne comprends pas pourquoi les gens se mettent des barrières, et pourquoi certains les renforcent et s'y renferment. Un besoin de sécurité peut-être. Ne rien dire de travers, mettre le clignotant et suivre la masse, gentiment, toujours. La volonté d'ajouter sa pierre à l'édifice de la société. Être bon serviteur.
Tu sais, de mon troisième étage, on ne surplombe pas grand chose. A part les bottes en cuir de la maman de G., et G. lui-même. On voit défiler des voitures au loin, sous une pluie régulière et profondément triste. Certains mettent leurs clignotants pour s'arrêter à la station essence et faire le plein. Un dimanche, comme ça, pour préparer la nouvelle semaine qui arrive. Collectionner des points et gagner un mug l'age de glace.

Mais pendant ce temps, j'imagine qu'I. et Flo. sont en train de "gouiner" comme elles se plaisent à dire. Ou alors elles sont accompagnées du Pénitent. Ou dernière option, elles sont parties à la boite échangiste de Tours. Tout est possible et c'est rien de le dire...
M. doit être en train de se faire fouetter par S., à moins qu'elle ne soit partie en forêt avec son amie à la recherche d'orties. Tout est possible et c'est rien de le dire...
Je peux imaginer beaucoup de choses sur la maman de G. mais je ne sais pas exactement ce qu'elle fait, donc je ne vais pas mentir.
M. est sans doute parti en forêt se mettre nu pour gagner quelques minutes de liberté. A moins qu'il ne prenne des photos. Tout est possible et c'est rien de le dire...
E. est avec son nouveau chéri elle passe sa journée au lit, à s'étourdir de sentiments, de battements de coeur et de vertiges. Peut-être l'a t-il aidé à choisir de nouveaux jouer. Tout est possible.
Et là est le problème. Tu n'as rien vu? Mais si regarde, j'ai tenté un "gouiner" et rien d'autre. Ce n'est que la surface et déjà c'est trop. Elles sont adeptes sodomite et relations bi-égarées. I. avale, et Flo. veut aller sucer des étrangers. M. vit nue chez sa mère et ne se cache pas pour se donner du plaisir. Et je n'ai pas raconté le centième de ce qu'il s'y passe.  Parce qu'il s'en passe des choses. Un peu partout. Les vérités sont des mots crus qui choquent. Et toutes ces personnes n'en ont rien à faire de toi., de ce que tu peux penser. Chacun a le droit d'emprunter le chemin qu'il veut. Quand je lis I. et Flo, quand je parle à M. ou à E., ça me fait autant d'effets que d'aller acheter une baguette ou de rajouter de la bolognaise dans mes pâtes. Je ne comprends pas en quoi ça serait gênant de vivre sa courte vie à faire quelque chose que l'on aime, dont on a envie. C'est quand même la base non ? Qui prétend avoir la vérité ?

Il y en a qui mettent des mots de passe à leurs blog, c'est quand même étrange. Cet enfermement, la honte d'être soi. Je ne suis pas là pour donner des leçons, je fais parti du lot. Vous avez vu quelque part mon nom, mon prénom, adresse, téléphone et compagnie ? Bien sûr que non. Et je ne pourrai pas le dire ou l'écrire. Comme je ne pourrai pas dire que je suis M. Je n'ai pas l'envie de passer pour quelqu'un que je suis. Pas dans la norme.



Samedi 5 février 2011 à 19:48

 


 


Vous l'auriez vu débarquer, BB, dans le couloir.
Et plus tard son corps de déesse enroulé dans les draps.
Ses mouvements et ses pas lorsqu'elle dansait nue à côté du piano.
Elle avait cette innocence dans les yeux et des lèvres qui dévoraient la vie.

Gainsbourg, vie heroique. Ce film est une merveille.

Cet après midi, il y avait deux femmes.
Elles se sont assises à côté de moi, pendant que je regardais le fond de l'eau, les algues accrochés aux cailloux. J'imaginais que j'étais à la mer, et que je regardais les rochers. J'attendais de voir débarquer un crabe. Je me mettais à la place des poissons, et je m'imaginais naviguer dans cet univers. L'univers, c'est ce qu'il y a de chaque côté.
D'habitude j'attends, comme ça. Que les gens partent. Parce qu'ils partent. 
Mais aujourd'hui, c'est moi qui suis parti. Je me suis retourné, et elles avaient disparu. Alors qu'à cet endroit là, c'est juste impossible de disparaitre. A moins qu'elles se soient jeté dans le fleuve, pour mourir. Mais non, parce que trois autres femmes s'y étaient assises à la place. Elles auraient crié, ou appelé à l'aide, ou les secours. Mais là elles semblaient simplement discuter entre copines.
Il s'agissait de deux femmes, genre cadres dans une grande société, citadines de premier ordre. Très sérieuses. Ce qui laisse imaginer beaucoup de choses. J'ai d'abord pensé qu'elles étaient ensemble. Peut-être. Quoi qu'il en soit, je devais pas partir.

Ceux qui étaient ensemble, c'était les PD allongés dans l'herbe avec leur chien. Je prenais le soleil avec eux à coté. Désolé j'ai pas envie de m'étaler sur les justifications de ces deux lettres. Quinze degrés à l'ombre début février. Short tshirt. Ca fait du bien. Voilà cinq mois que je ne pense qu'à l'été qui arrive. Je serai libre de faire ce que je voudrai, quand je voudrai. Peut-être que c'est avec toi que j'aurai voulu être. Quelle importance ce que je peux bien vouloir. Les choses ne se passent pas forcément comme on le voudrait. Alors je ferai avec ce que j'aurai: Moi. Comme ça je pourrai passer les frontières avec mes pensées. Mes peurs. Démesure coutumière. Bouillonnement profond. Se rendre compte que l'on peut ressentir autant en faisant rien. En osant simplement être soi.
Les PD étaient un homme et une femme.

Puis ce couple d'une soixantaine d'années et venu s'assoir près de moi. Ils se sont embrassés. Il tenait sa compagne par le ventre. Ensemble ils regardaient les enfants jouer au loin, et souriaient. C'est sans doute pour cela que tu disait que j'ai le temps. Mais ce n'est pas de cela dont je parlais.

Passait ensuite cette fille un peu ronde, cheveux ébouriffés et bouclés. Elle avait les écouteurs sur les oreilles, et elle grimaçait, et jouait de la batterie. Comme un doigt en l'air adressé à la Honte. On s'est regardé. Et je m'en fichais. Je pensais simplement que je ne pourrai jamais. Je n'ai jamais tenté de chanter. Même seul, même loin, je ne pourrai pas. Peut-être que j'aimerai essayer. Mais l'éducation, le passé, la corde sensible me narguent tellement que ça me coupe l'envie. Pourquoi je me dis que c'est pas bien,  que je n'ai pas le droit, je ne le sais pas vraiment. Qu'y a t-il de mal à chanter.

Demain, j'irai au bout de la presque île. J'ai toujours voulu y aller. Ca doit faire un peu peur. On peut s'y retrouver. J'emmènerai ma musique et le soleil.
 
 
Les jours et les mois sont comptés.
A moins d'un miracle cet été, je ne me vois pas passer l'hiver.



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