Dimanche 28 novembre 2010 à 21:42




J’allais commencer par « C’est comme si j’étais quelqu’un d’autre ». Pourtant, non. C’est moi, c’est tout. Le reste du temps c’est quelqu’un d’autre. Lorsque je suis perdu, lorsque je suis seul. C’est cette personne là qui se cherche, qui se questionne, qui n’est pas moi. Ici, enfin, là bas, je suis bien. Disons que ça va. Les choses se passent normalement. Je suis quelqu’un qui existe. Je ne suis pas un personnage dans une pièce de théâtre, mais bel et bien un homme à part entière. Je me sens bien avec eux. Donc j’en conclu que ça ne vient pas de moi ce mal être au bureau. Ces pantins existent et je n’ai pas envie d’être avec eux, encore moins de leur ressembler. Bien sûr, chacun à son caractère, sa façon d’être, etc. Mais entre nous quatre, tout va bien. Tout est sain. C’est tellement étrange. Je pensais que je n’étais pas normal, à ne pas vouloir ci ou ça, ne pas avoir envie d’être avec eux en dehors des heures de travail ou je ne sais quoi. Mais nan, c’est normal, tout est  normal, je n’ai juste pas envie d’être avec eux. Ca peut arriver. Pourtant ils ne sont pas méchants, mais ça ne colle pas. Ici tout à collé à la première seconde sans fausse note ni interrogations. Je fais des journées de 11h, je travaille le samedi, et tout va bien. Je suis avec eux le dimanche, et tout va bien. J’aimerai que les resto durent plus longtemps, etc. J’aimerai travailler avec eux tout le temps. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Il me reste 3 jours avec eux. Après ce sera fini, je garderai tous ces souvenirs avec moi. Foutue maladie de merde. Rester enfermé dans un bureau avec des têtes de cons qui tournent au café. Aujourd’hui nous sommes allé visiter Pise. Effectivement, elle penche bien. Et pas qu’un  peu. Le reste de la ville est joli, coloré, etc. Il pleuvait mais ce n’est pas bien grave. C’était bien. J’ai pas envie de me séparer d’eux. Vraiment pas envie. Mais c’est comme ça.

Il m’arrive des choses intéressantes quand même. Je m’admire parfois. Je sais pas d’où me vient cette façon de me transcender les moments où il faut. Lorsqu’il y a des chefs, des moments importants ou je ne sais quoi, je suis quelqu’un de solide. Les gestes, les regards, les déplacements, les rires, la façon d’être. Tout bouillonne, calculé, pour sortir un personnage qui serait parfait pour la personne, suivant chaque personne. Il m’est toujours arrivé ce genre de chose. Le patron de la filiale allait appeler le n°2 de la maison mère pour faire mon éloge, me garder, ou je ne sais quoi. Je n’ai pas voulu. Je sais tout ce qu’il m’attend à mon retour. Je sais ma façon d’être, je sais la leur, ce qu’ils diront, ce qu’ils devront penser et quand, etc. Je contrôle tout ça. Je m’en amuse, pour arriver là où je veux. Je veux simplement être « parfait » avec ce que je suis, à mon niveau. Je veux des sourires, je veux du calme, du sérieux, dans un bouillonnement de puissance. Je suis capable de. Car ce n’est pas ce que nous sommes qui nous fait arriver là où l’on est, mais ce que les autres voient de nous, notre façon d’être avec les gens qui nous entoure. Bien souvent. Il y a énormément de choses que je ne sais pas, je n’ai pas les connaissances. Cela ne m’empêche pas de me faire passer pour une sorte de mec performant et compétant. Cela fait bien longtemps que je n’ai plus le niveau, tellement longtemps, mais chaque jour je continue de monter plus haut.

Il me reste des choses essentielles à connaître sur moi. Qu’est ce que j’aimerai faire à l’avenir, qui j’aimerai être, comment je veux ma vie. C’est difficile. Je ne suis pas un intellectuel, je ne suis pas une tête, ni rien. Je suis un rêveur. Il semblerait que ce genre de personne n’ait pas sa place dans ce monde. Il semblerait aussi, qu’ici, là, maintenant, c’est bien. Je me sens bien. Il doit bien y avoir d’autres moments, d’autres situations. Comment s’y rendre, où aller, je n’en sais trop rien. Je ne suis pas fait pour telle ou telle chose, je me laisse guider dans un monde qui n’est pas le miens. Je suis fait pour les voyages, pour le grand large, moi le timide, moi l’incapable. Je ne suis pas de ces gens qui ont peur de quitter la France, je ne suis pas de ces gens qui détestent les autres parce qu’ils sont blancs ou noirs, vieux ou jeunes, etc. Je suis une personne qui ne se connaît pas. Je suis à l’intérieur cet explorateur du monde et de la vie, qui cherche à comprendre le monde dans lequel il vit. Je veux être entouré de gens gentils, de gens qui ont des envies, des rêves, plus grands que celui d’abattre la cloison de l’entrée pour agrandir le séjour. Je veux franchir les barrières, je veux être un homme, je veux exister. Être libre d’avoir des idées, les partager, parler à des personnes qui sont saines. Tu vois ce que je veux dire. Mais si, tu sais bien, tous ces excités là, que tu croises dans la rue le mardi à 18h30 en costard ces soirs d’hiver, ou ces autres qui se laissent flotter jusqu’à se noyer dans leur vie de gagne petit à attendre le bus à 15h18 un jeudi d’automne au milieu des feuilles toutes sèches. J’en veux pas de toute cette méchanceté qui ne sert à rien. J’en ai marre de ces tensions, toute cette électricité dans l’air. Je veux que tout soit plat, carré, solide, sain. Je veux un tableau avec un jet de peinture en travers. Je veux être au dessus de toute cette mélasse et contrôler ma vie. Je veux réussir, pour acheter ma liberté.

Je veux avoir le choix de dire antipasti, de ne prendre qu’un plat au lieu de deux, de boire ma coupe de champagne, de gouter le vin et les profiteroles avec des gens bien, sans me soucier du monde qui m’entoure. Sans me soucier de rien. Je veux sourire naturellement, je veux me sentir bien dans ma peau, je veux regarder son visage, ses cheveux, ses fesses et ses baskets. Je veux le voir qu’il se concentre à l’énoncé du menu, je veux qu’il attrape des fous rires dans des situations désespérantes, je veux qu’il appelle franchesca pour qu’elle aille cherche une autre bouteille d’eau. Je veux de la naturale et de la frizzante, je veux qu’on passe au café longo, au capuccino, picolo et presto. Je veux qu’elle chante. Je veux qu’elle me tape la main quand je casse un verre, elle et ses yeux verts. Je veux qu’on se perde sur le chantier, je veux marcher sur les grêlons et prendre des photos. Je veux prendre mon petit déj’ au milieu du car de suédoises. Taper mon rapport dans la cabane de chantier. Je veux voir le vin pleurer, je veux qu’il parle trop fort. Comme si nous étions seuls, et importants. Je veux Exister. Ne pas imiter, ne pas faire comme si. Simplement l’être.





Par Kaidan le Dimanche 28 novembre 2010 à 22:39
Alors reste là-bas... Tu t'en doutais n'est ce pas que j'allais te dire cela... Tu le savais.
Par eclat-de-reves le Samedi 4 décembre 2010 à 0:34
ici tout à collé à la première seconde sans fausse note ni interrogations. Je fais des journées de 11h, je travaille le samedi, et tout va bien. Je suis avec eux le dimanche, et tout va bien. J’aimerai que les resto durent plus longtemps, etc. J’aimerai travailler avec eux tout le temps.

Je m’admire parfois. Je sais pas d’où me vient cette façon de me transcender les moments où il faut. Lorsqu’il y a des chefs, des moments importants ou je ne sais quoi, je suis quelqu’un de solide. Les gestes, les regards, les déplacements, les rires, la façon d’être. Tout bouillonne, calculé, pour sortir un personnage qui serait parfait pour la personne, suivant chaque personne.

Qu’est ce que j’aimerai faire à l’avenir, qui j’aimerai être, comment je veux ma vie.

Je veux que tout soit plat, carré, solide, sain. Je veux un tableau avec un jet de peinture en travers. Je veux être au dessus de toute cette mélasse et contrôler ma vie. Je veux réussir, pour acheter ma liberté.
Même si "acheter" me fait tiquer un peu..

Je veux avoir le choix de dire antipasti, de ne prendre qu’un plat au lieu de deux, de boire ma coupe de champagne, de gouter le vin et les profiteroles avec des gens bien, sans me soucier du monde qui m’entoure. Sans me soucier de rien. Je veux sourire naturellement, je veux me sentir bien dans ma peau, je veux regarder son visage, ses cheveux, ses fesses et ses baskets. Je veux le voir qu’il se concentre à l’énoncé du menu, je veux qu’il attrape des fous rires dans des situations désespérantes, je veux qu’il appelle franchesca pour qu’elle aille cherche une autre bouteille d’eau. Je veux de la naturale et de la frizzante, je veux qu’on passe au café longo, au capuccino, picolo et presto. Je veux qu’elle chante. Je veux qu’elle me tape la main quand je casse un verre, elle et ses yeux verts. Je veux qu’on se perde sur le chantier, je veux marcher sur les grêlons et prendre des photos. Je veux prendre mon petit déj’ au milieu du car de suédoises. Taper mon rapport dans la cabane de chantier. Je veux voir le vin pleurer, je veux qu’il parle trop fort. Comme si nous étions seuls, et importants. Je veux Exister. Ne pas imiter, ne pas faire comme si. Simplement l’être.

Voilà. Voilà, pris par morceaux les passages que j'aime à la folie. Pour exagérer. Comme je fais toujours.

Et non, moi, tu sais, je veux que tu sois heureux.
 

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