Lundi 6 septembre 2010 à 23:38




Et dans un silence glacial, il se tourna vers elle et lui dit:
"Chérie, je suis malade, je vais mourir".



Tu ne vois pas qu'il faut refaire la déco de l'appart ? Ou la faire plutôt.
Puis il faudrait aussi que je m'achète une guitare. Une qui soit chère et jolie, parce que je n'y connais rien.
En attendant je chante, parce que je ne sais pas chanter .
Les plantes ne font pas de bruit. Les murs sont blanc, et les volets baissés.
On entend aucun bruit, sauf celui de mes pieds qui tapent sur la chaise d'en face.
Lorsque l'on enlève les publicités, les supermarchés, les poubelles et les cahiers, il ne reste que le bruit du vent qui se faufile dans les arbres. Il y a aussi la mer, qui emmène avec elle les petits galets lorsqu'elle se défile. Il y a les gouttes d'eau qui tombent de là haut et qui s'écrasent sur le sol, de prés en forêts.

Il y a des gens qui ne savent pas s'arrêter. Je considère cela comme une maladie. Moderne. Et ça me fait de la peine.
Demandez à quelqu'un que vous aimez de s'arrêter, d'un seul coup, quelques secondes, quelques longues secondes. Il y a des gens qui ne tiennent pas. Qui ne prennent pas le temps de vivre et d'écouter. Ils vous prennent pour un fou, ils ne voient pas l'intérêt. Ils ne comprennent pas. Ils comptent les secondes, ces quelques petites secondes d'une vie qui semblent interminables.
Mais il y a pire. Il y a les personnes à qui vous n'oseriez même pas demander ça.
Alors d'accord, je suis fou, je suis pas normal, je suis attardé et tout ce que l'on voudra.
Mais j'ai la chance de voir et de toujours avoir vu. Là où les autres ne regardent que dans leurs jumelles sans ne s'être jamais soucié de ce qu'il pouvait y avoir tout autour. La nature, la Terre, les étoiles, l'univers, le noir, le vide, la vie.
On dévie, tous, du centre du cercle, de la base, de la moelle. On explore les rebords, tous plus éloignés, tous plus perdus dans nos rêves artistiques. Ballons, couleurs et pâte à modeler.

Il n'y a plus de vérités à force. Les décalages se font plus grands. Les dérives aussi.
Tu vois, c'est dangereux. Il ne faut pas penser comme ça. Il faut rentrer dans l'enclos, être en admiration devant les nouveaux bâtiments sur lesquels les architectes se sont paluchés, aimer les musiques électroniques qui tapent et abrutissent, et se taper un rail pour paraitre moins con à coté des autres. Les dérives. S'abrutir dans un demi. Parler du temps qu'il fera demain devant une crêpe aux sucre à 2,50euros, dire que c'était bien quand on s'est fait chier, mentir se cacher et mourir à l'intérieur. Ressentir. Je ressens mon ventre qui saigne. D'autres boivent par les yeux, mais oui, c'est la nouvelle mode. Dominateur, dominatrice, soirées SM, orgies, coups de fouet entre deux réunions au bureau. Qu'y a t-il de mal. Ressentir. Vous avez une fâcheuse tendance à vous interdire ce qu'il y a de meilleur dans la vie. Le plaisir. Pourquoi est ce que c'est mal, pourquoi est ce que c'est sale ? Le boulot il est tellement chiant qu'on fait n'importe quoi pour se changer les idées. Puis après tout, je peux bien vous dire qu'à mon travail justement, Aurélie C, elle suce, d'autres personnes du boulot. Je peux, parce que je suis loin de tout ça. Je peux me le permettre. Je peux vous dire qu'Elodie B me demandait en 3ème avec quoi j'aimerai la sodomiser. J'étais un peu ou beaucoup en retard, alors j'ai répondu "marteau", et ça lui a plu. Quand ça a sonné, je suis rentré en cours, comme un mouton, et la vie a continuée.

Il suffit de prendre le temps d'écouter, d'observer. Après, les gens, qu'ils soient en costard ou pas, ça ne change rien.
Un mec du bureau refaisait souvent le monde en solo, un père de famille qui faisait le rigolo en public, mais au fond, tout était trop clair, bref. Tout ça pour dire qu'il n'a pas dit que des conneries. Une fois, il a dit une phrase que je n'oublierai jamais: "On t'fera pas un trou d'balle là où t'en a déjà un". Cette phrase, elle résume tout. C'est sans doute parce que je le savais déjà, que j'en suis arrivé là. Ma carrière n'est pas une réussite. Mais je suis là où j'ai voulu aller très précisément. J'aurai voulu être pilote de ligne. Quand je me serai acheté une guitare et que ça ne m'intéressera plus, je ferai ça, "Pilote de ligne". Pour que l'avion tourne, quand je le décide. Dommage qu'il faille suivre des itinéraires bien précis. Mais j'ai bien envie d'être tout propre dans mon uniforme. Ah oui, pardon, on a un franc parlé au boulot. J'ai appris à être comme ça. On se croirait dans Gran Torino. C'est assez marrant, j'aime bien. C'est grâce à mon chef ça. Il tape dedans lui. J'aime bien les gens qui tapent dedans. Ils avancent, droit comme c'est pas permis, sans détour ni perte de temps. J'aime pas les pertes de temps. Je vise, je fonce, j'atteinds. Au suivant. Tout le contraire de ce que je fais lorsqu'il s'agit de sentiments. Mais bref.

J-2 avant de passer la frontière, j'ai peur. Parce que c'est comme de rentrer dans un endroit à part. Il y a une solitude extrême. Un désert de silence. Je ne sais pas vraiment ce que j'y trouve. Ce que je sais, c'est que j'en ressors plus vivant. Effleurer la liberté, la toucher, Elle, si profonde, si immense, si fragile. L'effleurer et mourir en elle. C'est ça, c'est comme si elle était là, c'est comme s'il y avait une force, qui nous suit à coté, à chaque pas, et que parfois, par erreur, on la touche et on frissonne. J'en ai peur. Je me demande pourquoi j'y retourne. Je me demande ce que je vais y chercher. Je me demande ce qu'il s'y passe.  C'est comme si j'étais attiré. Par quelque chose.




http://au.dela.des.frontieres.cowblog.fr/images/Ecouteletemps.jpg
Ecoute le temps.





Par Away-I-go le Mardi 7 septembre 2010 à 11:23
tu n'es pas fou, tu n'es pas anormal, tu n'es pas attardé.
mais contrairement aux autres tu es humain.et c'est une force et une intelligence rare.
mais pourquoi as tu si peur?
Par Kaidan le Vendredi 10 septembre 2010 à 19:42
La photo...
Par eclat-de-reves le Samedi 11 septembre 2010 à 2:06
Oui, la photo..
 

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