Dimanche 12 septembre 2010 à 12:35



 


Vendredi 10 septembre.

 
Il y a les pleurs, il y a le cafard, l’envie d’en finir.
Maintenant, tracez une droite, et imaginez le contraire en parfaite symétrie.
C’est frustrant car on exprime les pleurs, mais comment exprimer ces sentiments de bonheur intense ?
La journée s’achevait, le soleil s’orangeait, et je roulais, de virages en virages vers nulle part. Je repensais à cette journée que j’avais passée. A ce bonheur sans nom. Cet immense moment de bien être qui s’achevait. Tout à une fin.. Mais cette fois ci, je rentrais sans regret. J’ai profité comme j’ai pu. Allez, si, un minus, il manquait une toute petite phrase, mais certains mots ont du mal à sortir de ma bouche. Mais on va y arriver, on va y arriver...
 
Après mon petit déjeuner face à la mer, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allé dans le petit bout de terre « réserve naturelle ». Après avoir fait le tour complet de l’endroit, désert, je suis revenu en arrière et j’ai tenté une petite crique. Il y en a 2 à peu près identiques, de largeur : 3 serviettes de plage. Je m’y suis assis. Installé. J’ai trempé les pieds dans l’eau, inspecté le fond, regardé les scintillements et constaté la rapidité des poissons. Pas étonnant que j’arrivais pas à les attraper avec mon épuisette dans les criques du var quand j’étais petit. Je me suis assis sur ma serviette. Puis merde. J’ai enlevé le bas. Trois minutes après, j’ai enlevé le haut. Puis je me suis couché. Il y avait une légère brise, j’étais bien abrité, il y avait les clapotis de la mer, et toujours personne à l’horizon visiblement. J’avais un peu peur, on sait jamais sur qui on peut tomber. Il était 9h12. Les espagnols vivent en décalage, alors soit. A partir de 10h30 quelques promeneurs par ci par là. 10h45, ça y est, un couple s’installe sur la crique d’à coté, la jumelle. Le monsieur est uniformément bronzé, sa femme idem. Je leurs donne dons les 60ans. Moins pour la femme. Le monsieur marche immédiatement dans l’eau, slalom entre rochers, cailloux, algues, oursins et compagnie, pendant que la femme reste plus discrète derrière son rocher. Puis il s’approche, de plus en plus, jusqu’à marcher sur « ma crique » (autant dire qu’il est à 1m de moi). J’aime bien, parce que c’est un vrai naturiste. Il est uniforme, il est avec sa femme, il est espagnol, etc. Un petit « Hola » et il commence à me raconter je ne sais pas quoi, j’y comprends rien, en gros il dit « Ca cogne ! » en parlant du soleil, je dis « soleil », un sourire, et puis s’en va. Les présentations sont faites. Il est rassuré, je le suis aussi. Il retourne rejoindre sa femme pour lui dire que ça craint rien. J’avais déjà tenté le naturisme, deux ou trois ou quatre fois, mais j’étais toujours archi seul au monde et au prix d’heures de marche. C’était donc ma première fois en en semi-communauté. Et ça commençait pile comme je le souhaitais. Avec un couple pas loin, « au cas où ».

Dans ma crique, on est assez bien planqué, elle fait un peu crevasse. Mon dieu..
Vers midi, alors que j’étais à plat ventre, et dans un autre monde, un bruit tout proche me surprend, et je regarde au dessus de ma tête presque en sursaut. Mon dieu..
Une femme. Elle essayait de joindre ma crique, pensant qu’il n’y avait personne. Elle fait un léger sursaut, rougit, et me dit « Hola ». Je ne dis rien, la laisse continuer en me recouchant. J’aurai rêvé de ce moment. Il ne manquait que ça. Il ne manquait qu’elle. Je suppose qu’elle va gentiment traverser et se mettre ailleurs dans les rochers. En priant qu’elle reste, lol, sait-on jamais. Puis je l’écoute s’installer. Mon dieu.. Elle va se mettre là, à côté de moi, sur moi quoi ! C’est ça. Elle s’installe. En toute simplicité et sans le moindre je ne sais quoi. Ca bouillonne de naturel et de simplicité. Il ne manquait qu’elle, et tout est parfait. C’est comme un rêve. Je ne la regarde qu’au bout d’un bon moment, ne sachant même pas si elle-même était nue. Bon, elle était bien nue. Et d’une beauté sans nom. Mon dieu ce qu’elle est belle. Il n’y aura pas de phrases assez longues pour dire tout ce que je ressens à ce moment là. C’est tellement beau quoi, merde. Ca me tue. C’est trop beau, j’en veux tous les jours, reviens et ne me quitte plus. Bref. Elle va se baigner elle, et son corps sublissime, elle revient plus au bord, et patauge. Sur le ventre, sur le dos, le bien être à l’état pur. A 1m50 de moi. Elle est là, belle comme pas possible, plus tard elle émettra même un petit gémissement de bien être sur sa serviette. C’est tellement beau, indescriptiblement beau. Je crame dans le dos (et oui, seul avec sa crème on atteint pas tout le dos..), donc je suis obligé, de me retourner, je m’assois, et elle a un peu beaucoup vue sur moi, mon corps, mes parties intimes. Comme j’ai vue sur les siennes. D’ailleurs dans le cas présent, je dois faire un peu pitié, mais pas grave, ça n’a pas la moindre importance. Il fait beau, on est bien. On est juste à coté, c’est comme si on bronzait ensemble. Mon dieu, elle est tellement belle. Il n’y a aucun moyen pour profiter de ce moment. Je voudrai en profiter plus que plus. Tout ce qu’elle fait, elle le fait pour son plaisir, il n’y a pas de gêne. Il n’y a que son bien être qui compte, caressée par le soleil. C’est beau. Je la prends en photo (oui, Playmobil pervers prend des photos et est un gros voyeur -_-) pour ne pas oublier. Et à l’heure qu’il est, c'est-à-dire 23h43 le soir même, il ne me reste que ça, alors non seulement je regrette pas, mais j’aurai dû en prendre plus. Mais pas évident avec le couple qui était sur la crique pas loin. Je serai passé pour un pervers sinon !

Une femme nue.. Je vois la beauté infinie qui s’en dégage. Ce mélange de simplicité, de naturel, etc. Je trouve ça beau, et non bon. Faut dire, au collège, au lycée, etc, je trouvais les filles mignonnes quand les autres les trouvaient bonnes. Ils avaient envie de les baiser, moi j’avais envie de leur parler. Mais bon, ils ne les « baisaient » pas. Et moi, je ne leur parlais pas. Fin de la parenthèse.

Ce qui était génial aussi, c’est que dans une crevasse, quand le soleil se couche, à partir de 16h, ben je passe à l’ombre. Alors merde, je rapprochais ma serviette d’elle. Elle avait même rapproché son sac d’elle pour me faire de la place =). Nos regards se croisaient souvent quand elle était dans l’eau. Je ne sais pas ce qu’elle pensait. J’ai adoré la voir, là, couchée, comme si nous dormions ensemble. Elle était toute mignonne, toute féminine, toute femme, et je voulais prendre soin d’elle. Je faisais peur aux voyeurs qui passaient sur la corniche. Mon dieu ce qu’elle était belle. Puis il y avait un putain de respect méga hallucinant, une putain de confiance, etc. J’aurai voulu que ce moment ne s’arrête plus jamais. Ou du moins, qu’il recommence, chaque année, quelques jours, je ne suis pas difficile. Je mourrais d’envie de lui parler, dès le début où elle est arrivée. J’ai eu le temps d’y penser, y’a qu’à compter le nombre d’heures que nous avons passées sur cette plage (surtout moi).

A 18h27, elle a commencé à plier les clous. Faut dire que nous étions quasi côte à côte, le soleil s’en allait. Il fallait que je lui parle. Dire n’importe quoi. J’ai pas arrêter d’y réfléchir tout l’après midi, aux conséquences si je le faisais, et si je le faisais pas. Il fallait que je le fasse. Sous le regard du couple, j’ai « osé » plier les cannes en même temps qu’elle. Vraiment en même temps. Je sais pas comment j’ai fait, bref. Elle avait réunies toutes ses affaires, elle était encore nue, puis elle enfile un string rose (lol), je la regarde, un peu surpris, elle est de dos. Puis elle enfile un espèce de paréo, et voilà. Elle est habillée, et la seconde où je suis encore nu me parait terriblement longue et humiliante. Lol. J’enfile mon short, mon tshirt, elle passe devant moi, un petit « Adios » avec un petit sourire, auquel je ne réponds rien, parce que je savais que j’allais lui reparler après ^^. Hop, je mets tout dans le sac, et je la suis. Je prends mon courage à 36 mains, et.. et son téléphone sonne, elle s’arrête pour prendre son tel, et je passe devant, dégouté. Puis je l’entends me suivre, toujours au téléphone. On croise des gens « Ola », « Ola ». Puis elle ne parle plus, elle a dû finir. Il y a trop de chemins possible, elle peut bifurquer à tout moment, je regarde derrière moi, elle est a 10m, je fais un pas chassé sur le côté et je l’attends (là c’est le moment où elle commence à flipper). « Por favor, hablas frances ? » lol. « Hm, si oun petit peu ». Je lui dis que je cherche un hotel pas cher dans le coin. Pourquoi ? Parce que je me dis que merde, s’il y a 1 millionième de chance pour qu’elle me propose de dormir chez elle, c’est comme ça que ça marche. Qui ne tente rien n’a rien. Non parce que j’ai pensé à Marion, et je me suis dit que ça aurait pu être un méga rêve, j’aurai aimé manger avec elle, discuter avec elle, prendre un bain avec elle, puis surtout, dormir avec elle. Elle est tellement belle quand elle dort. Tellement femme. On marche côte à côte, une centaine de mètres, où elle m’explique qu’elle n’est pas d’ici mais de « jesaispas,pascompris », mais qu’elle sait quand même qu’il y a celui là, puis celui là, où j’étais la veille, enfin le matin même avec mon petit déj face à la mer. Elle est super douce, excessivement gentille, et euh.. on a passé l’après midi ensemble, nus…
 
J’ai écouté ses conseils, je suis allé dans le centre ville, là où il reste encore des espagnols, et où les français ont subitement desertés. Il est 20h et quelques, et je trouve enfin un hotel. Où serai-je demain. Je n’en sais rien. C’est ça la liberté. C’est ma liberté. La mienne à moi. Je me sens ici chez moi comme nulle part ailleurs. Je m’y sens bien. Il n’y a qu’ici que je me sens bien.
J’ai tout extériorisé de fond en comble depuis toutes ces années, toujours plus loin. Pour quoi ? Pour savoir « Qui suis-je ». Pour partir sur des bases quasi saines. Même si on peut toujours creuser plus, dans le plus profond, le plus intime, mais à trop chercher la moelle, on touche le cœur. Et vivre depuis la moelle de la vie n’est plus possible aujourd’hui. Combien sont les gens qui ne vivent pas avec ce qu’ils sont vraiment ? Combien ne fréquentent pas les personnes qui les correspondent vraiment ? Combien croient aimer telle ou telle chose, alors que ce ne sont que les publicités et les dires qui font que.

Le malheur ne devrait pas exister autant. Mais il existe, parce que nous n’avons pas les bonnes personnes, les bonnes méthodes, etc.
J’ai l’impression d’avoir passé 25ans (ou 16ans plutôt) de ma vie à creuser, toujours plus profond. Regarder, observer, comparer, toujours, toujours. C’est ce que je fais. Je n’ouvre ma bouche que lorsque je suis sûr, que tout est ficelé. Je fais des calculs de probabilités que je répète, plusieurs fois dans ma tête, jusqu’à m’approcher de plus en plus du 100%, sans jamais le toucher. Et seulement à ce moment là, je l’ouvre. Pas avant. Je fonctionne comme ça, c’est sans doute étrange. Je l’ai jamais dis à personne, et ça n’a rien à faire là. C’est pas plus mal.
 
Demain, même endroit, même heure. Je prie.
Mais elle ne sera pas là, c’est écrit.
Une fois, c’est déjà bien..
 


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Vue depuis la crique

 
 
Elle était super douce, excessivement gentille, et on a passé l’après midi ensemble, nus…




Par monochrome.dream le Dimanche 12 septembre 2010 à 19:55
Je ne sais pas trop où te répondre, alors cet article caché fera tout aussi bien l'affaire pour te remercier de ton passage. La photo que tu as commenté m'amuse assez, moi aussi. Ca fait cliché de pub pour croquettes :) Mais ta conclusion m'a fait sourire encore plus : "no comment", c'est quand même le comble pour un com' ;)
Par pelote le Dimanche 12 septembre 2010 à 22:40
(Plusieurs mises à jour successives, et toujours ce petit espace sous clef. C'est presque frustrant, tu sais ?)
Par monochrome.dream le Mercredi 15 septembre 2010 à 12:15
J'ai un problème avec la nudité (rien que d'écrire le mot m'horripile, j'ai fait un effort, j'ai écrit ça très vite sans regarder les lettres). Je vis habillée comme si les vêtements masquaient mes émotions en même temps que ma peau. Je m'abrite d'habits, tu vois ? Pour ça que je préfère toujours l'hiver : plus personne dans la rue, les trottoirs ne sont plus que le passage d'une foule de petits secrets, et je me sens protégée moi-même, inviolable par les regards qui s'arrêtent sur moi.
Ton texte m'a beaucoup plu, mais démesurément troublée.
Par eclat-de-reves le Jeudi 16 septembre 2010 à 0:34
Oh oui, cette photo ! =)
Par Kaidan le Lundi 20 septembre 2010 à 0:07
J'espere te parler bientôt et en avoir beaucoup à lire en rentrant...
Prends soin de toi...

E.
 

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