Vendredi 17 septembre 2010 à 21:03








Je regardais ma main, posée sur la table, et demi ouverte vers le haut.
Puis je l'ai fermée. J'ai compris que je ne pourrai pas attraper tes petits doigts.
Qu'il ne s'agit que de mon imagination.



J'ai regardé le ciel pommelé, rosé, d'une soirée de fin de semaine.
J'ai pensé à toi.
Je me demande si l'on peut marcher au bord de la mer, les pieds dans l'eau sous la pluie.
Je me demande ce que ça fait d'y vivre. D'être ivre. D'être deux. D'être Libres.

Evidemment j'ai repensé à cette femme.
Aux dernières minutes. On s'est tutoyés. Je l'ai vu nue, puis on s'est tutoyés.
Je la regardais dans les yeux, puis je tournais la tête, je l'écoutais me parler pendant que je regardais la mer.
Elle avait toujours son string rose sur elle, et sa vie libérée qui lui collait à la peau.
Et moi j'étais là, je rêvais. La voulais.
Qu'a t-elle pensé de moi ? A t-elle pensé à moi ?
Elle me hante, elle me hante.
J'ai oublié de lui dire ce que je pensais d'elle.
J'ai oublié de lui dire combien.

Pour vivre heureux, il faut se forcer.
Jamais je ne comprendrai. C'est impossible pour moi. Se forcer, ce n'est pas normal.
Se forcer à sourire, se forcer à être poli, à se réveiller trop tôt, à aimer ses collègues, à rire aux blagues du chef, à dire que l'on aime ce que l'on fait, qu'on y est bien, que l'embauche a été une des meilleures choses qui nous soit arrivé. Mon dieu, c'est horrible. Tout ça pour prolonger les contrats. De signatures en feuilles de paie. De factures en taille haies. Jardiner le week end, couper l'herbe ça fait du bien. Faut que je pense à prendre rendez-vous chez le coiffeur. Tailler les haies, tailler les veines.

Alexandra s'était "loupé" au collège. Elle en portait les marques. Elle était jolie pourtant. Jérémy voulait la sauter. Elle racontait qu'elle bronzait nue au bord de sa piscine, et se cachait avec un lapin rose. Je suppose que ça avait tendance à l'exciter davantage. C'était mon meilleur ami. Mon contraire aussi. Il avait apportés des tubes à essais pour Anne Sophie.

J'ai tellement peur que là bas, lorsqu'on y habite, on s'habitue, et le plaisir n'est plus le même. T'imagines, cela signifierai tellement de choses affreuses. Que l'on court derrière des rêves qui ne sont rêves que dans nos têtes. Et lorsqu'on y arrive, tout s'écroule. C'est là bas que je veux vivre pourtant. Mais pas y rester toujours. L'embrasser le matin, faire notre sac tout en boule et partir.

Partir vers Loin.





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"Je voudrai pour toi que tout soit immense."



Par monochrome.dream le Mercredi 22 septembre 2010 à 23:38
Pour être heureux ? Se forcer ? Tu crois ?
Non.
Moi aussi je vivrai libre un jour, ou je ne vivrai pas.
Je ne braderai pas ma vie pour un système économique, j'en suis sûre, oui sûre et certaine, et je ne dis pas ça parce que je viens de lire ton article mais parce que mes raisons de vivre ne passent pas par une réalisation professionnelle ni même par une survie de quelqu'espèce. Je sais ce que veut dire avoir faim, et j'accepte plus facilement d'avoir à supporter cela que l'enfer inhérent à une existence formatée. J'ai pourtant essayé de rentrer dans une case. Un peu plus et je n'en revenais pas. Alors désormais je me dis que tant pis, tant pis pour tout, tant pis pour la prudence, pour ces arrières qui flancheront au moindre souffle, tant pis pour la voie hasardeuse et baroque sur laquelle j'entraîne mon avenir (si tant est que j'en aie un) : je me résumerai juste à ce qui me semble important. Le reste peut bien attendre mille ans.
 

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